jeudi 17 juillet 2014

Tidjikja: l’Association des femmes pour le développement Oasien opposée à la fermeture de l’Unité de traitement des dattes




Plusieurs femmes se sont regroupées mercredi 16 juillet devant le bureau du Hakem de Tidjikja pour manifester leur refus catégorique face à l’arrêt programmé des activités de l’unité de traitement des dattes financée par la CDD et dont le début des travaux avait coïncidé, l’année dernière,  avec la 4 eme édition du festival des dattes de Tidjikja. Mme Zeinabou Mint Abdel Khader directrice de l’unité  et sa trésorière Mme Khady Mint Lacharch ont laissé savoir au Hakem de Tidjikja Mr Ahmed Ould Mohamed Mahmoud Ould Deh, qui les a reçu dans son bureau, qu’elles ne comprennent pas que la décision de fermeture de l’unité intervienne au moment ou elles s’apprêtent à participer à la 5eme édition du festival des dattes qui aura lieu à Atar. « Au lieu de nous appuyer pour qu’on puisse participer activement à ce grand rendez-vous, nos partenaires n’ont pas trouvé mieux que de mettre la clef sous le paillasson pour des raisons que nous ignorons très franchement. Nous avons reçu l’ordre de la part du maire de Tidjikja de couper le courant, de payer le gardien et le gestionnaire et fermer l’usine. Nous ne comprenons pas pourquoi cette subite décision et ce d’autant plus que le maire nous avait promis de s’occuper du dossier auprès de notre bailleur (CDD) et de lui trouver une solution » indique la directrice non sans confier au Hakem que toutes les dépenses de l’usine sont prises en charge non pas par la mairie mais plutôt par l’Association des femmes pour le développement Oasien.
Mme Khady mint Lahrach a indiqué, pour sa part,  que le maire de Tidjikja a déployé de nombreux efforts pour aider au dénouement heureux de l’affaire et qu’elle s’étonne du revirement qui s’est produit en dernier lieu. «  Je suis persuadée qu’avec un peu d’effort,  les choses peuvent se régler, mais nous aimerions que ce soit maintenant et pas après. Nous devons participer au festival des dattes qui aura lieu à Atar le mois prochain et nous ne pouvons le faire sans nos produits traités » devait-elle indiquer.
Notons que les responsables de l’Association des femmes pour le développement Oasien ont introduit une lettre auprès du Hakem de Tidjikja dans laquelle elles réclament un  technicien en technologie alimentaire pour améliorer l’encadrement technique et assurer la formation des employées, l’acquisition de quelques appareils simples pour le bon fonctionnement de la chaines de production et l’amélioration de l’aspect sanitaire notamment le réaménagement des toilettes.
Khalil Sow-Tagant

mercredi 16 juillet 2014

Nimzatt : les khadres déclinent toute responsabilité en cas d'intrusion de commerçants

Nimzatt : les khadres déclinent toute responsabilité en cas d'intrusion de commerçants Serigne Samba Diouf, adjoint du président de la Fédération nationale des khadres, a dégagé cette structure de toute responsabilité dans une éventuelle intrusion de commerçants dans la délégation se rendant au pèlerinage de Nimzatt, en Mauritanie.

"Nous gérons l’aspect religieux. Nous ne nous occupons pas des commerçants qui auront à répondre devant les services compétents", a précisé M. Diouf lors d’une réunion préparatoire du pèlerinage de Nimzatt.

Des membres de la communauté khadre du Sénégal se rendront dans cette cité musulmane mauritanienne, comme chaque année, à la fin du mois de ramadan.

Serigne Samba Diouf a, lors de la réunion organisée par les autorités administratives de la région de Saint-Louis, appelé les futurs pèlerins à "être vigilants et à ne tolérer aucune intrusion dans leur délégation de personnes mues par des objectifs non religieux".

Selon le gouverneur de Saint-Louis, des mesures ont été prises dans le but de permettre aux pèlerins de traverser la frontière "dans la quiétude".

"Ce sont des milliers de Sénégalais qui effectuent le pèlerinage. Nous devons créer les conditions d’un bon déroulement de cet événement", a souligné M. Sakho.

L’ambassadeur du Sénégal en Mauritanie, Mamadou Kane, a également fait part de sa volonté de mettre les pèlerins dans de bonnes conditions lors de ce voyage.

Il a, lors de la réunion, promis de veiller à ce que les procédures administratives d’entrée et de séjour en Mauritanie soient "allégées" au profit des pèlerins sénégalais.
APS

Déluge sur M’Bout : Que d’eau !

Déluge sur M’Bout : Que d’eau !   Au matin du 9 juillet 2014, aux environs de 7 heures, des fortes pluies se sont abattues sur plusieurs localités du Gorgol, provoquant des dégâts importants. A Mbout – plus particulièrement à Mbout Centre et Débaye Mbout – les habitants ont été réveillés par un vrai déluge qui a duré quatre tours d’horloge, avec, au final, 65,5 millimètres d’eau enregistrés et un lourd bilan : maisons détruites, ustensiles de cuisines emportées par les eaux, détérioration des réserves alimentaires et des semences agricoles, etc...

Des dégâts accentués par le déversement des eaux de ruissellement, en provenance des communes de Taringué et de Djiadjibiné, distantes d’environ vingt-cinq kilomètres du chef-lieu de la Moughataa.

Selon le hakem mouçaïd de celle-ci et le maire de la ville, trois localités des deux communes précitées ont enregistré, dans la même matinée du 9 juillet, des précipitations atteignant quelque 120 mm (à Boudama et Hamoyey) et 140 mm (à Taringuel).

La digue, qui semblait protéger la localité de Debay, construite en 1985 n’a pas résisté à cette fureur.

Sur le plan de la sécurité alimentaire, c’est la désolation car beaucoup de familles, surprises, n’ont pas eu le temps de sécuriser leurs vivres, ni leurs semences et encore moins leurs biens (habits et ustensiles de cuisine). Une situation qui se complique encore davantage avec les faibles récoltes de la campagne 2013 et la longue période de soudure qui a suivi.

Plusieurs familles ont pu trouver refuge, temporaire, chez des voisins n’ayant pas ou peu souffert du sinistre, alors que d’autres, bien plus nombreuses, errent encore, sans abri, après avoir abandonné leurs concessions en banco, désormais inexistantes et englouties sous les flots.

Mobilisation en cours… mais qui tarde

Sous la supervision du hakem de M’Bout et sur instructions du wali du Gorgol, une commission de recensement des dégâts, répartie en plusieurs équipes, a été formée par les services déconcentrés de l’Etat, assistés par diverses ONG : GRDR, ACF, Oxfam, CRF, ADIG.

Cette commission a évalué à 691l le nombre de ménages sinistrés à Mbout Centre et Débaye Mbout. 31 d’entre eux ont été déplacés et relogés, le 11 juillet, en des sites aménagés, par l’Etat, dans les quartiers Collège, Abattoir et Mosquée, pour les sinistrés de Mbout Centre, alors que ceux de Debay Mbout l’ont été dans les quartiers Est et Ouest. Les autorités administrative et communale ont également mis en place des commissions pour diligenter des actions supplémentaires. On les attend.

Selon les informations recueillies auprès du hakem de Mbout, l’Etat a déjà mobilisé un lot de 100 kits, composés de couvertures, produits d’hygiène et khaïmas (tentes) mais, au regard du nombre de sinistrés et de l’étendue des pertes, il est clair que cette assistance est très loin de couvrir les besoins, immédiats et fondamentaux, des victimes.

Aussi le wali, le hakem et le maire ont-ils conjugué leurs appels à tous les intervenants au Gorgol à appuyer les efforts des pouvoirs publics. Il est important de souligner qu’aucun intervenant ne s’est engagé sur le terrain des promesses, se contentant de transmettre à qui de droit.

Des échanges entre les évaluateurs et les victimes, il ressort que les actions d’urgence s’articulent autour de la distribution de nattes, tentes et couvertures, pour l’habitat ; distribution de vivres et d’eau potable, pour la sécurité alimentaire ; kits d’hygiène, accompagnés d’une campagne de sensibilisation à l'hygiène et au traitement de l'eau, pour la santé publique, et mise à disposition d’équipements de pompage, pour la question environnementale, étroitement liée à la précédente.

Perspectives

Si la relance agricole doit s’appuyer sur la distribution de semences, il faut envisager une stratégie d’adaptation, face aux événements climatiques qui deviennent récurrents et intenses dans la zone, pour relancer les travaux du Projet des Zones Inondables (PZI), notamment en termes de plan de prévention des risques et de mécanismes d’alerte précoce.

Avec un impératif : lancer une mission d’évaluation technique des risques, pour tous les ouvrages d’Aménagement des Eaux de Surface (AES) situés en amont des localités, qui font peser un risque, énorme, sur les habitations et leurs occupants. En attendant la mise en œuvre de tous ces mécanismes, on notera que les quartiers situés de part et d’autre de la route nationale reliant Kaédi (Gorgol) et Sélibaby (Guidimakha) sont également inondés et soumis à une forte pression des eaux de ruissellement, tandis que le cimetière reste totalement immergé.

Biry Diagana
CP Gorgol

Brakna : Mais où sont donc passés les politiques ?

Brakna : Mais où sont donc passés les politiques ? Trois semaines après l’élection présidentielle du 21 juin 2014, les populations du Brakna sont revenues, tranquillement, à leurs vieilles habitudes. Celles de la débrouillardise, du colmatage et du tir du diable par la queue. Naturellement que la situation n’est pas invariablement pareille.

Mais elle est quasiment la même. Partout. Le Brakna est une des régions les plus pauvres du pays. L’agriculture et l’élevage, les deux principales activités, ne marchent plus comme avant. Les activités, informelles, de petits commerces et métiers servent, juste, à subvenir à quelques besoins essentiels des dizaines de milliers de familles qui vivent, aléatoirement, de la Baraka et de la résignation.

Rien à faire, la vie marche au ralenti. L’argent ne coule pas à flot. Les populations font contre mauvaise fortune bon cœur. Elles n’ont simplement pas le choix de faire autre chose. Et la fête s’approche de plus en plus. Elle n’est plus qu’à quelques jours.

Et ces hommes politiques qui les ont beaucoup mises à contribution, pour faire réélire le président Mohamed Ould Abdel Aziz, où sont-ils passés ? Dès le 23 juin 2014, ils n’ont plus fait signe de vie. Leurs téléphones ne répondent plus. Fini le temps où ces hommes appelaient, au moins cinq à six fois par jour, leurs « amis » et leurs « frères ».

Des appels incessants et réguliers qui frisaient l’hystérie et le harcèlement. Des « amis » et des « frères » à qui ils promettaient tout : argent, travail, promotion. Mais, sitôt la victoire du candidat président Mohamed Ould Abdel Aziz, pfuit ! Disparus. Aujourd’hui, les maisons de tous ces responsables sont hermétiquement closes. Il n’y a plus qu’un gardien qui ne sait pas exactement où se trouve son patron.

« Il paraît qu’il est à Nouakchott », répond-il, inlassablement, à ceux, nombreux qui viennent aux nouvelles des promesses. Les politiques circonstanciels sont repartis se calfeutrer dans leur petit monde. Loin des yeux de ces populations dont ils se sont servis, l’espace d’une campagne électorale. Juste, pour eux, le temps de les manipuler, leur faire croire qu’ils sont quelque chose. Qu’ils ont leur monde.

Leur monde à eux, pour avoir quelque chose. Voilà quinze jours que le béni mois du Ramadan a commencé. Les politiques ne se sont nullement manifestés. « Leur monde », comme ils aimaient à dire, leurs « amis » et « frères » souffrent, seuls, le martyr du dénuement, de la privation, de l’amertume. Normal. Les élections sont finies. Alors, bye bye, à la prochaine ! Peut-être que le Parlement sera dissous. Alors, on les reverra, nos politiques.

Les directeurs généraux, les ministres, les ambassadeurs, les secrétaires généraux, les gradés militaires. Bonne arrivée. Les villas rouvrent leurs portes. Les populations sont, à nouveau, embrassées. Sur les deux joues. Sur les fesses ? Bon, allez, sur les fesses, pour vous faire plaisir et parce que c’est vous, ô mon monde, ô mes amis, ô mes frères… Et la comédie reprend… de plus belle.

Au tout début, la politique était perçue comme une pratique malhonnête, « Beletig », c’était, tout simplement, l’art de la malversation, du faux et usage de faux. Ce n’était pas encore l’art du possible. Aujourd’hui, avec les comportements de ces nouveaux hommes politiques, c’est la « Beletig » ressuscitée, c’est la facétie, c’est le mensonge, c’est le spectacle. La société moderne, quoi…

lundi 14 juillet 2014

Coupures récurrentes d’électricité à Aïoune

Coupures récurrentes d’électricité à Aïoune   La coupure d’électricité est devenue récurrente ces derniers jours à Aïoune capitale de la wilaya du Hod El Gharbi, provoquant la colère des populations, en cette période de Ramadan accompagnée de forte chaleur.

Des familles et des commerçants ont raconté que certains de leurs appareils électroménagers sont tombés en panne à cause des coupures.

Les populations exigent des autorités locales un rétablissement rapide de la situation.
Alakhbar

dimanche 13 juillet 2014

M’Bout : 300 Maisons détruites, et 691 familles sans abris

M’Bout : 300 Maisons détruites,  et 691 familles sans abris - [PhotoReportage]   Suite aux dégâts causés par les pluies le mercredi 9 juillet dernier occasionnant la rupture de la vieille digue de protection, une commission a été mise en place pour examiner la situation assez grave qui prévaut dans la localité.

Celle-ci est composée des députés du département, des membres du conseil municipal de M’bout, du wali adjoint du Gorgol, du préfet et du sous-préfet ainsi que du représentant du CSA. Au cours de cette rencontre la commission a recensé officiellement :

- 300 maisons complètement détruites par les eaux M’bout ville et à débaye M’bout ;
- 691 Familles sans abri ;
- 30 familles logées dans les écoles et le lycée dans des conditions difficiles (manque d’eau potable et absence de latrines). On note aussi une dizaine de maisons qui menacent de s’écrouler.

Il ressort au cours de cette réunion que des divergences ont apparu entre les élus de Mbout et le Wali adjoint du Gorgol. Cette autorité a indiqué que les pouvoirs publics ont apporté cent tentes pour les sans-abris qu’il fallait mettre à la disposition des sinistrés. Or, les représentants de la localité déplorent cette insignifiance des moyens mis à la disposition des populations victimes de cette catastrophe.

Leur nombre dépasse largement les cent tentes rapportées par les autorités. Une attitude de mépris qui risque d’envenimer les tentions entre les sinistrés. Ne prenant pas en compte les remarques des représentants de la localité, le wali adjoint s’est comporté d’une manière indigne à leur égard et les a sommé d’exécuter « son ordre ».

C’est l’incompréhension face au peu d’empressement des autorités. A ce jour aucune aide conséquente n’est parvenue aux sinistrés qui commencent réellement à s’impatienter. A cet effet des familles entières ne savent plus à quel sain se vouer et commencent à exprimer leur mécontentement.

Ainsi, un vieil homme qui dit avoir plus de 70 ans, désabusé pense que dans ce pays : « il y’a deux catégories de gens, et de localités ». Simplement il conclut : « le tout puissant nous viendra en aide, incha’Allah, en ce mois béni du ramadan ». En fin, le wali du Gorgol a fait une sommaire apparition à M’bout pour soutenir son adjoint au lieu de prendre en compte les préoccupations des nombreux sinistrés…

Correspondance particulière


Avec Cridem, comme si vous y étiez...




















Adel Begrou : Pénurie d’eau et hausse des prix des aliments pour bétail

Adel Begrou : Pénurie d’eau et hausse des prix des aliments pour bétail

  Selon les populations l’arrondissement d’Adel Begrou ( Hodh Charghi; extrême est du pays), connait une pénurie d’eau aiguë depuis prés de deux semaines. "Cette situation est d’autant plus difficile qu’Adel Begrou connait des chaleurs sans précédent (le mercure monte jusqu’à plus de 50 degrés), obligeant certains habitants à utiliser des eaux saumâtres et insalubres", souligne un habitant.

La cité, essentiellement pastorale, connait également une hausse des prix des aliments pour bétail (Rakel) qui, selon les habitants reste consécutive à la surenchère pratiquée par les commerçants locaux. Une situation qui a fait que le prix du sac de 50kg de « Rakel » a grimpé, ces derniers jours jusqu’à onze mille ouguiyas.

Habituellement, le sac de cet aliment pour bétail se négocie entre 6 et 7 mille ouguiyas. Selon une source locale, les autorités administratives, qui n’ont pris aucune mesure pour résorber cette situation, tentent de faire le black out sur la situation difficile que traverse Adel Begrou.
ANI

SNIM-Mauritanie: Success story africaine (reportage)

En 1973, la société française Miferma est nationalisée. Rebaptisée SNIM, cette entreprise minière est aujourd’hui  le deuxième employeur de Mauritanie, derrière l’Etat lequel, au plus fort de la déprime des cours des minéraux, dans les années 80-90, n’a pas cédé aux sirènes des prescripteurs de la privatisation à outrance. La SNIM en Mauritanie est, avec l’OCP au Maroc, l’un des rares groupes africains contrôlés par l’Etat et locomotives du développement de leurs pays.


En 2013, la Société nationale de l’industrie minière (SNIM) a réalisé une production record de 13 millions de tonnes, marquant un quatrième tournant majeur en cinquante ans d’exploitation de minerais de fer. La première date symbolique fut la nationalisation, en 1973, de ce qui n’était encore qu’une entreprise française.
L’ex Miferma exportera du minerai très riche en teneur de fer jusqu’en 1984. A cette date, ce minerai s’est épuisé. D’où le lancement du projet GuelbI entamé au début des année 80 et inauguré en 1984 avec l’espoir d’enrichir le minerais.
Car, si le minerai riche tarit, le minerai pauvre, lui,  est quasiment inépuisable dans cette zone allant de Zoueratt à Nouadhibou. «il faut un taux minimum de 60% pour que le minerai soit vendable. Aujourd’hui, le pari est réussi», estime Dahi Ould Zein, directeur du secrétariat général de la SNIM.
La phase critique des années 80
Et pourtant les choses ne furent pas faciles avec un contexte des années 80 caractérisé par des cours de minerais en dessous de 20 dollars. A un moment, la continuité de l’entreprise était remise en jeu. Mais la SNIM a tenu bon avec l’appui des institutions internationales ( BAD, BEI, Banque Mondiale, AFD) et des institutions Arabes qui ont participé au financement de Guelb I.
Après la phase critique des années 80, la SNIM connaît un troisième tournant à partir de 2004 -2005 quand la Chine émergente entra dans le marché, poussant les prix du fer à leur paroxysme. «L’Europe qui importait 80% de notre production a été doublée par l’empire du Milieu, devenu de loin notre premier client», explique M.Zein.

Une volonté politique constante
La tension sur les prix du fer est retombée à partir de 2011. Les cours sont néanmoins restés hauts. Doit-on lier les succès de la SNIM au seul paramètre des cours du minerais de fer ? Sur cette question, les experts de l’entreprise font remarquer que quand les prix mondiaux augmentent, les coûts augmentent aussi dépendant de l’acier et de l’énergie en particulier.
En fait, explique-t-on, la SNIM doit sa pérennité à deux avantages importants. D’abord une volonté politique, constante de tous les gouvernements qui se sont succédés, de lui accorder une large autonomie financière. C’est ce qui a permis à l’entreprise de développer du professionnalisme, de recruter et de se développer.
Excellentes relations avec les institutions financières
Le deuxième avantage décisif est l’excellente relation entretenue avec les institutions financières. Tout au long de son histoire, la SNIM a toujours honoré ses engagements, respecté les conditionnalités et les délais de remboursement. «Nous entretenons une relation de transparence avec nos partenaires qui reçoivent périodiquement des rapports sur notre situation, nos ratios de performances et notre activité en générale», déclare un haut responsable.

Un port minéralier pouvant accueillir des navires de 250 000 tonnes
imageLa SNIM jouit en outre d’un taux d’endettement faible de l’ordre de 500 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars. Le ratio dette sur fonds propres est de l’ordre de 0,25%. L’excellence des rapports entretenus avec les bailleurs a permis à la SNIM de mobiliser 1 milliard d’euros en 2009 pour le projet Guelb II (permettant l’enrichissement de 4 millions de tonnes) et la construction du port minéralier de Nouadhibou pouvant accueillir des navires de 250 000 tonnes. Inauguré en 2013, cet ouvrage s’inscrit dans la volonté de la compagnie minière mauritanienne de prendre une nouvelle dimension.

Passer de 13 à 40 millions de tonnes d’ici 2040
Il est désormais question, dans le cadre du projet Nouhoud, de porter la production de 13 millions à 40 millions à l’horizon 2025. Cet objectif passe par la construction de deux complexes miniers de 14 millions chacun. Le premier démarre en 2019, le deuxième en 2025. Les programmes de recherche géologique ont commencé. Les premiers résultats obtenus dans le Guelb d’izraf ont permis d’identifier 800 millions de tonnes.
L’ étape du processus de confirmation des réserves en cours sera suivie par une étude de prefaisabilité et de faisabilité qui ouvrira les négociations avec les partenaires financiers.
Locomotive de l’industrialisation de la Mauritanie, oui. Mais des milliers d’emplois exportés!
En dépit des succès remportés en 5 ans, la SNIM reste une entreprise qui exporte du minerais brut sous forme FOB. Des économistes mauritaniens estiment qu’un tel procédé fait perdre des milliers d’emploi au pays. «Il faut examiner cette question sous ses différents angles», rétorque M. Zein. «L’exportation du minerais brut est plus rentable que le projet intégré. C’est lié en partie à l’intensité capitalistique de l’exploitation d’une sidérurgie. De plus, nous avons de l’expertise dans les minerais».
Autre argument avancé, le déplacement mondial de la production de l’acier en Chine au détriment de l’Europe qui ferme ses fourneaux. Il sera difficile de concurrencer l’Empire du Milieu dans la sidérurgie classique. Par contre, la SNIM s’intéresse à la production de l’acier à travers la réduction directe. Ce processus très consommateur d’énergie n’est rentable que chez les pays disposant d’importantes réserves de gaz.
Joint-venture  avec Sabic
En attendant la confirmation de des réserves de Mauritanie, la SNIM est entrain de développer une joint- venture avec Sabic (groupe saoudien) pour produire du concentré. L’objectif de la JV c’est d’intégrer les deux volets minerais et sidérurgie. Forte de ses installations, de son réseau ferroviaire avec 6 trains minéraliers se relayant au quotidien, sur 700 km de rails entre Zoueratt et Nouadhibou, la SNIM dispose d’un savoir-faire et de l’expertise qui, ajouté au potentiel minier de la région, fait de la Mauritanie un territoire attractif

Pourquoi un accord avec Glencore ?

L’accord récent conclu avec Glencore illustre l’avantage que peut tirer une grande compagnie minière des infrastructures de la SNIM. «Ces grands groupes viennent pour développer des projets miniers dans les zones où il y a plus de facilités pour rentabiliser un investissement. L’entreprise qui arrive n’a Pas  besoin de construire un port, de trains ou d’acquérir du matériel roulant comme c’est le cas dans les territoires qui entrent en exploitation. A Zoueratt et Nouadhibou, tout est déjà en place, avec un prestataire, des infrastructures  et une expérience de 50 ans. Les vrais enjeux des projets miniers sont les ressources humaines. Sur ce point, la SNIM a procédé à une politique de valorisation du capital humain qui a stoppé les hémorragies constatées des années 90 aux années 2000″.
Loin de BHP Billiton, de Vale et de Rio Tinto
Bien que grand acteur africain, la société mauritanienne reste loin du trio BHP Billiton, Rio Tinto et Vale qui contrôlent 65% de la production mondiale exportée. Cette configuration de l’offre est à rapporter à l’évolution de la demande, notamment chinoise, pour faire des projections sur l’avenir du secteur.
Premier acheteur mondial, la Chine va continuer sa politique industrielle et urbaine en construisant des cités dans des zones rurales encore à l’écart de son boom économique.Pékin  peut exploiter ses propres gisements mais au prix fort, à raison de 100 dollars La tonne, sans commune mesure avec le fer mauritanien et son coût moyen de production de 40 dollars. Autrement dit, l’Empire du Milieu continuera à importer pour économiser tant que les coûts de production resteront bas. Les études conduites par la SNIM dégagent un consensus: les cours vont rester sur un niveau «bon» jusqu’en 2022», date de l’équilibrage entre l’offre et la demande.

La SNIM: 46% des exportations mauritaniennes
La SNIM contribue pour 46% des exportations mauritaniennes. L’entreprise participe à environ 17% du budget de l’Etat sous forme de recettes fiscales et parafiscales et pèse 12% du PIB mauritanien. Deuxième employeur du pays avec ses 11 000 salariés, la SNIM regroupe diverses entreprises dont la société mère et ATTM, spécialiste des travaux routiers qui est intervenu au Mali. Il y a aussi la SAFA dans la fonte, la Comeca dans la construction mécanique, la Somasert dansl’hôtellerie, la Samma dans la consignation, Damane Assurance, GMM dans le granit et le marbre…
Ce rôle structurant et intégrateur de la SNIM, à l’origine du dévelopement de la ville de Zouératt (devenue l’une des plus cosmopolites de la Mauritanie) et de Nouadhibou (creuset de la nation mauritanienne) a failli voler en éclat en 2006-2007 quand l’indien Arcelor Mittal a tenté de reprendre la compagnie. Une catastrophe évitée de justesse vu l’état des actifs de ce groupe en Algérie , au Sénégal et en Europe.


Financial Afrik

samedi 12 juillet 2014

Atar : Préparation de la 5eme édition du festival des dattes

Atar : Préparation de la 5eme édition du festival des dattes   Les préparatifs de la 5eme édition du festival des dattes vont bon train à Atar, capitale de la Wilaya de l’Adrar. C’est la première fois que cet important événement culturel se déroule à Atar, les précédentes éditions ont lieu à Tidjikja capitale du Tagant.

Les responsables de cette manifestation procéderont au lancement de quelques projets de développement économique destinées aux populations Oasiennes. Ces projets sont financés par des partenaires qui sponsorisent le festival.

Le programme de ce festival qui aura lieu du 7 au 9 Aout à Atar-ville comporte plusieurs manifestations culturelles et folkloriques pour la plupart spécifiques aux milieux Oasiens.


Mourassiloum

vendredi 11 juillet 2014

J'accuse!

J'accuse! Si vous êtes Mauritanien ou simple admirateur de la nature et de l’environnement, vous êtes forcément écœurés par ce qui se passe sur la route de Nouadhibou : l’exploitation sauvage des carrières pour extraire les matériaux de construction. C’est un drame écologique qui est en train de se produire aux portes de Nouakchott, si rien n’est fait.

En effet, l’extraction de matériaux de construction- sable et coquillage- en l’occurrence se fait non loin du littoral, ce qui représente en soi un danger pour nous, la génération actuelle et même pour les futures générations. C’est donc une pratique irresponsable et peu soucieuse du développement durable et de l’écologie, deux sciences qui défendent plus l’homme que la nature dans son acception primitive.

On ne dira jamais assez, Nouakchott est en dessous du niveau de la mer ; ainsi toute agression du relief marin peut avoir des effets boomerang sur la ville et ses habitants.

Et par ailleurs, les hommes qui travaillent dans ces carrières sont plus qu’exposés à la poussière, potentiellement dangereuse pour leur santé. Autant plus que ces malheureux travaillent sans masque, ils ne bénéficient d’aucun suivi médical et font fi de manière ostentatoire des règles élémentaires de sécurité.

Comment justifier le mutisme et le désintérêt de tout un pays pour une question à la limite existentielle ?

Alors que les Autorités livrent un combat inégal contre la nature pour restaurer le littoral agressé et fragilisé de la capitale Nouakchott et contre l’avancée des dunes de sable, voilà qu’une catastrophe écologique se produit devant nous, fort de notre silence coupable à tous, de celui de nos parlementaires, de nos intellectuels , de nos politiques , nos leaders d’opinions et de nos médias, toujours en mal d’inspiration pour les sujets d’intérêts public.

Je vous en prie ! Ne me juger pas, ne me classer pas. Je ne suis pas un opposant.

Et encore une fois, parler d’un tel sujet, c’est tirer la sonnette d’alarme sur une question qui nous interpelle et nous invite à demander des comptes à ceux qui nous gouvernent. En effet, gouverner c’est aussi prévoir et prévenir : autant le présent est utile, autant le passé et l’avenir sont essentiels.




M'Bout patauge dans l’eau, plus de 60 maisons tombées

M'Bout  patauge dans l’eau, plus de 60 maisons tombées Les pluies diluviennes (estimées à 120 mm) qui se sont abattues hier, mercredi 9 juillet ; dans la localité de M'bout ont engendré de nombreux dégâts et la perte de nombreux animaux. En effet, suite à cette pluie, la vieille digue de protection qui date de plus de 20 ans a cédé, et l’eau a envahi presque la moitié de la ville détruisant tout sur son passage, emportant même des enfants qui ont été sauvés de justesse.

Par ailleurs, on estime que près de soixante maisons composant tout un quartier ont été complètement laminées par les eaux. La situation est encore plus grave à Debaye M'bout. Située dans une cuvette, cette agglomération a subi la pression de torrents d’eau provoquant de nombreuses destructions d’habitations.

A M'bout, les sinistrés ont été recasés provisoirement dans des écoles et au lycée en attendant des secours qui tardent encore à venir. Dans la capitale, précisément à Nouakchott, un député de la localité se démène comme un beau diable pour informer les autorités au plus haut niveau, et pour la recherche des secours. Le temps presse.

Et la hantise d’une autre pluie….. Demeure

Les ressortissants de M'bout.se mobilisent et s’organisent pour venir en aide à la population et faire pression sur les pouvoirs publics pour que ces derniers comprennent la gravité de la situation. D’ores et déjà on parle de l’arrivée du wali du Gorgol pour prendre le pouls de la situation.

Correspondance particulière 

 L'Eveil Hebdo

jeudi 10 juillet 2014

Assaba: Arrestation de deux personnes accusées d’avoir vendu de la viande « toxique »

Assaba: Arrestation de deux personnes accusées d’avoir vendu de la viande « toxique »
  Des éléments de l’une des brigade du commissariat de police de Kiffa ont interpellé, mercredi 09/07, vers les coups de 10 heures, deux personnes accusées d’avoir vendu de la viande jugée « illicite »,a-t-on appris de sources digne de foi.

Il s’agit de la viande d’un veau retrouvé mort il y a quelques heures, aux alentours de la ville qui a été vendu par un certain M.L Ould .S… à un boucher répondant aux initiales suivants: B.O.Ch…

Informés les limiers de la police sont descendus sur les lieux accompagnés de vétérinaires qui après analyses ont confirmé que la viande est devenue toxique. Cela a conduit à l’arrestation du propriétaire du veau et du boucher, jugés complices dans l’affaire. Nos sources citent qu’ils seront déposés, demain, au parquet pour répondre aux faits portés contre eux.
Rimweb

mercredi 9 juillet 2014

Cheikh Ould Baya évalue l’accord de pêche

Cheikh Ould Baya évalue l’accord de pêche

  « De la peau du Lion l’Âne s’étant vêtu, Etait craint partout à la ronde, Et bien qu’Animal sans vertu, Il faisait trembler tout le monde. Un petit bout d’oreille échappé par malheur, Découvrit la fourbe et l’erreur. - De la Fontaine ».

Comme on commence un peu à s’y habituer l’ex Colonel et actuel maire de la commune de Zouérate Cheikh Ould Baya, (qui décidément n’en rate jamais une) tente par des contorsions (auxquelles on commence aussi à s’habituer), de tirer « gloriole » de la signature du Protocole de pêche entre la Mauritanie et l’Union européenne.

Notre colonel national, que d’aucuns présentent déjà comme le successeur désigné de Mohamed Ould Abdel Aziz, ne peut s’empêcher de se contempler avec délectation son nombril en jetant l’opprobre sur tous les autres. Nous aussi on commence à nous habituer à ses frasques, à ses écarts de langage et même à ses lubies.

« Nos détracteurs nous accusent de “trop tirer sur la ficelle pour arracher le plus à nos partenaires et que pour cela on risque de rompre la ficelle“» pérore-t-il sans ambages. Notre Iznogoud national, que ne renierait nullement Goscinny, se voit- il déjà « calife à la place du calife » ?

Pourquoi se croit-il, lui qui a tant profité de la République, plus soucieux de l’intérêt du pays que « ses détracteurs » qui eux ne font que leur job « ingrat » ? (Ch’houdek ya meynatt) pourquoi veut-il, coûte que coûte que ça soit lui, le père spirituel de la « Nouvelle politique de pêche » qui doit en évaluer le succès ou non ?

Pourquoi, s’il est si sûr de lui, ne commande-t -il pas un audit indépendant et crédible du secteur et de l’impact des mesures qu’ils a prises ou fait prendre ? Par quel tour de passe-passe nous fera-t-il occulter les milliers de jeunes mauritaniens qui se sont retrouvés du jour au lendemain pointant au chômage ou tentant désespérément la filière de l’émigration ?

Ce qui est sûr c’est que L’ANNEXE8 de la balance des paiements publiée sur le site de la BCM indique que les exportations de la pêche sont passées de 269 millions de dollars en 2009 à 330 millions de dollars US en 2013 alors qu’en volume les prises ont augmenté, à titre de comparaison celles du fer sont passées de 522 millions d’USD à 1358 USD.

Monsieur Iznogoud, « vos détracteurs » n’ont jamais dénoncé l’accord dans sa globalité ni essayé de privilégier les intérêts des européens au détriment de ceux des mauritaniens. Tout le monde, y compris dans le camp de vos vrais détracteurs, admet qu’il ya eu des avancées réelles et des acquis importants comme la politique des quotas, ou l’interdiction de la pêche au poulpe.

Je vous répète mon reproche que je vous fit tantôt et qui est que, depuis l’acquisition du fameux patrouilleur chinois en passant par les fonds européens destinés à lutter contre l’émigration clandestine, la fameuse société de gardiennage, les bateaux qui miraculeusement n’ont jamais fait l’objet du moindre contrôle et en finissant par la constituions de plusieurs brigades d’engins de BTP, ainsi qu’un immense patrimoine foncier et immobilier vous vous êtes personnellement enrichi au-delà du raisonnable ce qui , vous en conviendrez avec moi rend suspect tout ce que vous entreprenez.

Comme je vous l’avais aussi dit, la Mauritanie est sans doute le seul pays au monde où, un militaire ou un haut fonctionnaire, encore en exercice peut se vanter publiquement de s’être enrichi sans déclencher un tonnerre de reprobation.

Parlant lors d’un meeting électoral à Zouérate, Cheikh Ould Baya a admis avoir fait fortune mais il a avancé l’explication que « son argent» il l’a eu grâce à la sueur de son front : « J’ai été de 2005 à 2010 Délégué Chargé de la Surveillance Maritime (DSPCM) et cela m’a conféré des avantage légaux que tout le monde peut vérifier au Trésor public » (sic).

C’est bien facile de tourner en dérision les critiques objectives et les enquêtes documentées lorsqu’on a autour de soi une meute d’applaudisseurs qui se bousculent autour de la mangeoire pour recueillir les miettes que le maitre de céans daignera bien leur jeter en pâture. Mais comme l’a si bien dit De La Fontaine :

« Une Montagne en mal d'enfant
Jetait une clameur si haute,
Que chacun, au bruit accourant,
Crut qu'elle accoucherait, sans faute,
D'une cité plus grosse que Paris ;
Elle accoucha d'une souris.
Quand je songe à cette fable,
Dont le récit est menteur
Et le sens est véritable,
Je me figure un auteur
Qui dit : Je chanterai la guerre
Que firent les Titans au Maître du tonnerre.»
C'est promettre beaucoup : mais qu'en sort-il souvent ?
Du vent.
»

MSS
Mauriweb

Des questions sur les négociations avec l'UE à Cheikh Ould Baya.


Des questions sur les négociations avec l'UE à Cheikh Ould Baya. Cheikh Ould Ahmed Ould Baya ses nouvelles fonctions de Maire de la ville minière de Zouérate, ne l’ont pas empêché de remplir sa mission de négociateur en chef des accords de pêche avec l’Union Européenne en vue du renouvellement du Protocole signé le 31 juillet 2012 pour une période de deux ans.

C’est effectivement lui, en qualité de Conseiller du ministre des pêches qui a dirigé la partie mauritanienne aux deux premiers rounds des négociations dont un à Bruxelles et l’autre à Nouakchott. Qu’est-ce qui n’est pas dit actuellement sur ces négociations ?

Comme si l’on voulait revenir à l’atmosphère délétère qui avait accompagné les premières négociations quand, avec la complicité de certains opérateurs mauritaniens, d’acteurs politiques prêts à s’enrôler pour les causes les plus suspectes, de quelques plumes servant à la demande, une campagne a été lancée contre l’Accord auquel «on» reprochait de servir les intérêts de la Mauritanie avant tout.

Pour parler des négociations engagées et bien sûr des problèmes de gestion de la ville de Zouérate, nous avons rencontré Cheikh Ould Baya.

La Tribune : Les négociations pour le renouvellement du Protocole de pêche avec l’UE ont commencé en Mai dernier. Il semble que vous buttez sur des questions difficiles encore une fois. Lesquels ?

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya : Un protocole de cette taille, avec des intérêts énormes, ne peut se conclure aussi facilement que certains peuvent penser, car il s’agit d’un coté, de 28 Etats composant l’Union Européenne (UE) avec leurs attentes spécifiques, et de l’autre, d’un pays en voie de développement et qui entend tirer le maximum de profits de ses richesses, notamment par la prise en compte de l’exigence d’une exploitation durable, respectueuse des cycles naturels et des possibilités offertes, mais aussi de la nécessité pour lui d’en faire un moteur de développement.

Tout cela engendre toujours des négociations en coulisses parfois plus compliquées que celles qui sont officielles. Alors patience...

La Tribune : Parmi les points qui bloquent on parle de la date d’entrée en vigueur du Protocole en cours.

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya : Effectivement Bruxelles considère la date du 8 octobre 2013 qui coïncide avec le vote du parlement UE, alors que pour nous, l’Accord, signé le 31 juillet 2012 à Nouakchott qui est immédiatement entré en vigueur, comme d’ailleurs pour tous les protocoles antérieurs.

Aujourd’hui Mr Roberto Cesari, le nouveau négociateur en chef UE parle de parafe et non de signature, arguant en plus que son prédécesseur et actuel patron n’est pas habilité à signer ce document. Alors que le Protocole est public et accessible a tous et il suffit de le voir pour constater qu’il a bien été et paraphé et signé en bas de page par MR Stefaan DEPYPERE, celui-là même qui avait mené les négociations de l’époque.

La paraphe et la signature ne peuvent être confondues. D’ailleurs la cérémonie de signature est passée dans beaucoup de chaines Tv mauritaniennes et étrangères. Quant à sa compétence pour signer, elle ne nous est pas opposable. Elle aurait dû être soulevée immédiatement par Bruxelles si cela posait problème.

Au lieu de cela, comme d’habitude, Bruxelles avait demandé par écrit (toujours signé de la main de Mr Stefaan DEPYPERE) à la Mauritanie de ne pas interrompre les activités des navires UE en attendant l’accomplissement des procédures européennes. Comme d’habitude, cette faveur a été accordée parce que la confiance règne entre les vieux partenaires.

C’est ainsi qu’une quarantaine de navires avaient continué à pêcher à la demande officielle de Bruxelles, laquelle renvoyant au Protocole de juillet 2012.

Nouakchott peut comprendre des retards de paiement pour la première année, dus aux procédures liées au calendrier du Parlement UE, comme cela a été le cas en 2006, mais vouloir découpler ce paiement de la date effective du démarrage des activités de pêche semble illogique, tout simplement.

La Tribune : Mais les navires pélagiques et crevettiers n’avaient pas renouvelé leurs licences et n’ont commencé à pêcher que cinq mois plus tard. Comment pensez-vous compenser ce manque à gagner pour l’UE ?

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya : C’est au contraire la Mauritanie qui devait être dédommagée pour les quotas réservés et non pêchés par l’UE car ils ne pouvaient être attribués aux autres partenaires. A mon avis, la position aurait été plus compréhensible, si Bruxelles avait dénoncé le Protocole pour «niveau réduit d’utilisation des possibilités de pêche» comme le prévoit l’article 5.

La Tribune : Pourquoi selon vous ne l’a-t-elle pas fait ?

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya : Je ne saurai vous le dire avec certitude. Probablement parce que les conséquences d’un pareil acte affecteraient inévitablement les pêcheurs espagnols restés sur zone et vous savez que l’Espagne est un poids lourd de la pêche européenne Donc, au lieu d’une dénonciation, le Conseil des Ministres européen a adopté le Protocole en décembre 2012, autorisant ainsi la Commission Européenne à payer la compensation financière de 67 millions euros à la Mauritanie.

La Tribune : Mais l’Espagne était leader du lobby européen anti protocole, comment alors aurait-elle pu s’opposer à sa dénonciation?

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya
: Oui mais cela ne l’empêchait pas de préserver les intérêts de ses pêcheries restées en activité en attendant de faire ce qu’elle peut pour les céphalopodiers exclus et les crevettiers en difficulté. Je ne vois pas la contradiction. C’est ainsi qu’elle a pu obtenir des améliorations importantes au profit de navires crevettiers.

La Tribune : Lors du dernier round, les Européens auraient offert de diminuer la compensation financière de 67 millions euros mais aussi le quota en passant de 300.000 à 200.000 tonnes de pélagique. Vous auriez refusé. N’est-ce pas logique de payer moins quand on va pêcher moins ?

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya : Oui, bien sûr, c‘est logique de payer si on pêche moins. Seulement, il ne s‘agit pas ici d‘une règle de trois. La compensation financière est un droit d’accès, payé par l’UE, à ne pas confondre avec le prix du poisson payé par l’armateur à la tonne pêchée.

Ce droit d’accès, comme nous avons souvent répété à nos partenaires européens, est payé pour : 1. réserver un quota important sans aucune garantie de prélèvement, et qui ne peut être alloué à une autre partie, comme c’est arrivé en 2012 ; 2. accéder à une zone de pêche très riche, calme, sûre et surtout proche des marchés européens et africains ; 3. Avoir la priorité à la ressource par rapport à tous les partenaires étrangers, juste après les pêcheurs mauritaniens etc.

Pour rappel, les négociateurs européens Messieurs Stefan Depypere et Constantin Alexandrou, en juillet 2012, avaient aussi commencé par demander un quota pélagique de 200.000 T au lieu de 250.000 T précédemment. Ils ont opté finalement pour 300.000 T quand ils ont compris que le droit d’accès serait de toutes les façons le même.

Cela arrangeait aussi la Mauritanie qui est depuis 2012 payée à la tonne pêchée et non au forfait. Ceci dit, si les Européens cette fois optent pour 200.000 T, ils paieront un tiers en moins mais seulement sur les charges liées au prix du poisson : la redevance de 123 euros par tonne pêchée, les frais de fonctionnement, les taxes et frais divers etc. Cette fois la règle s‘appliquerait.

La Tribune : Les Européens auraient proposé de compenser cette régression de la compensation financière par un appui financier ou une subvention. Pourquoi vous y êtes-vous opposé ?

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya : Parce qu’il s’agit d’un leurre, le même que celui des protocoles des années d’avant 2O12. Des protocoles aux conditions financières très avantageuses sur le papier, qui s’avèrent à la fin décevantes pour la Mauritanie et avec des conditionnalités qui rendent leur décaissement ou recouvrement impossibles. Pour en avoir le cœoeur net, consultez ces anciens protocoles, et faites le rapprochement avec leurs résultats. Comme on dit chez nous, «qui a été mordu par un serpent, a peur des cordes».

Il serait beaucoup plus facile, dés lors que cette «compensation» est envisagée par l’UE, que cette dernière subventionne ses armateurs pour les aider à payer le juste prix du droit d’accès demandé par la Mauritanie.

La Tribune : Des rumeurs disent que les canariens dans le cadre d’un partenariat avec la zone franche de Nouadhibou pourraient amener la Mauritanie à reconsidérer l’obligation de transbordement en Mauritanie . Qu’en est-il ?

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya : Je ne suis pas au courant. Il s’agit comme vous dites de ces fantasmes qui accompagnent les périodes de négociations, soit pour déstabiliser les négociateurs de part et d’autre, en donnant de faux espoirs aux uns et en décourageant la bonne volonté des autres. Derrière tout cela se dessine la volonté de réhabiliter un système qui profitait à certains opérateurs tout en privant le pays de la possibilité de jouir efficacement et pleinement de son potentiel.

La Tribune : Vous faites allusion aux détracteurs nationaux et étrangers du Protocole, ceux-là susurrent dans les salons que le Maire de Zouérate que vous êtes doit avoir moins de temps pour mener une négociation aussi laborieuse, s’il veut apporter des solutions aux problèmes d’une ville minière qui était au bord de l’explosion sociale. Que répondez-vous ?

Cheikh Ould Ahmed Ould Baya : Oui, les esprits malveillants essayent toujours de déstabiliser celui qu’ils croient être la pièce maitresse d’un processus qu’ils veulent torpiller. Dans le cas des négociations avec l’UE, c’est sur ma personne que ça tombe. Ils oublient que l’équipe de négociateurs que je dirige a un avis technique, étayé par la volonté politique nationale.

Désormais peu importe qui dirige notre équipe.Nos soucis concernant la préservation de la ressource et même l’instauration d’un commerce équitable rencontrent très souvent l’adhésion de la plupart des acteurs politiques européens. C’est que là-bas, l’élite est consciente de la nécessité d’assurer une bonne gouvernance des ressources naturelles et est souvent prête à soutenir tous les efforts d’indépendance des pays comme le nôtre.

Cette élite sait que l‘effondrement de notre zone de pêche aurait de lourdes conséquences pour nous certes, mais aussi pour l‘Europe. Leur défense des intérêts mauritaniens compensent heureusement tout le travail de sape que certains nationaux entreprennent. Mais, c’est surtout, et c’est le lieu de le dire, la volonté politique réelle et engagée du Président Mohamed Ould Abdel Aziz qui a permis à la Mauritanie de mener des négociations professionnelles basées sur des données scientifiques irréfutables et de traiter ensuite d’égal à égal avec ses partenaires.

Ce qui est nouveau ici, c’est essentiellement que nous travaillons tous pour l’intérêt général de la Nation et qu’aucune interférence politique supérieure ne vient perturber le processus des négociations.

Pour revenir à ma ville, à cette belle ville qui a tout donné à la Mauritanie, au bout de près de cinquante ans d’exploitation minière. Cette ville manquait cruellement d’eau. Elle est désormais régulièrement alimentée grâce à l’achat de nombreuses citernes et à la réhabilitation d’un circuit d’alimentation par train qui va de Boulenouar, non loin de Nouadhibou. La solution pérenne de la question de l’eau commence par la maitrise du potentiel hydrique : nous avons travaillé à la construction de barrages et de retenues dont l’apport sera important.

En quelques mois, la couverture sanitaire a été considérablement améliorée. La SNIM et les acteurs économiques sont revenus progressivement à leurs rôles naturels de redistributeurs : la prospérité des entreprises minière doit rayonner sur l’habitant, cela se fera petit-à-petit. Nous avons décidé d’exonérer de taxes tous les petits commerces (ils le sont tous à Zouérate)et de reprendre en gestion directe tout ce qui appartient à la Mairie. Les populations démunies bénéficient désormais d’assistance régulière et conséquente.

Mais le travail en profondeur a visé la pacification des rapports entre la force ouvrière qu’elle soit régulière ou saisonnière, et les employeurs. En résolvant ce problème social, de grands équilibres ont été retrouvés et la fracture sociale qui a causé tant de dégâts s’est considérablement rétrécie. Tout ça en quelques mois. Nous croyons que nous sommes sur la bonne voie, avec notamment l’ouverture de passerelles de concertations permanentes entre les citoyens et leurs élus. Ce qu’il faut ici, c’est réhabiliter la valeur du travail et restaurer la confiance entre l’encadrement administratif (Administration et Mairie) et la population. C’est en bonne voie.

Je fais partie personnellement d’une génération qui donne le mieux d’elle-même quand elle se trouve devant plusieurs défis et qu’elle se bat sur plusieurs fronts. Surtout quand l’objet de la bataille est le bien-être de notre population de Zouérate ou de Fassala, de N’Diago ou de N’Beyket Lahwash.

Vous devez savoir que les retombées de l’accord de pêche profitent aux populations mauritaniennes, non seulement en terme d’opportunités de travail ou encore par l’apport financier substantiel généré, mais aussi par ces 2% prélevés sur le pélagique et gracieusement distribués aux démunis des bidonvilles de Nouakchott et de Nouadhibou, à ceux de Bir, de Bassiknou, de Boghé, de Gouraye, de Kankossa, de Moudjéria, de Tiguind.

Nos détracteurs nous accusent de «trop tirer sur la ficelle pour arracher le plus à nos partenaires et que pour cela on risque de rompre la ficelle». Heureusement que l’époque où le négociateur mauritanien s’empressait de signer pour les dessous de table est révolue. Heureusement que le temps où notre pays signait de toute manière parce qu’il n’avait pas le choix, car contourné est révolue. Aujourd’hui, c’est le professionnalisme des négociateurs, leur compétence et c’est la possibilité pour la Mauritanie de traiter d’égal à égal avec ses partenaires qui dérangent les sceptiques. Rassurez-vous, quoiqu‘il en soit, désormais rien ne sera plus comme avant.
La Tribune 

mardi 8 juillet 2014

Fin de la défécation à l’air libre au Tagant

Fin de la défécation à l’air libre au Tagant - [PhotoReportage] ! Il y a trois ans (en 2011) le Tagant expérimentait l’approche dite Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC) pour faire face au phénomène de la défécation à l’air libre et ses conséquences néfastes sur l’environnement et la santé des populations locales.

Au terme d’une vaste campagne de sensibilisation qui a touché deux des plus importantes Moughataa du Tagant (Moudjeria et Tidjikja), des résultats satisfaisants ont été réalisés, notamment : le déclenchement de 161 localités, la certification FDAL pour 116 localités des communes de Tidjikja, Moudjeria, Tamourt Enaj, Soudoud, Tensiqh, Lahsera, El Wahat et Boubacar Ben Amer et la construction de 4235 latrine.

Grâce au précieux soutien de l’Unicef et l’adhésion des populations au programme, l’’usage des latrines est devenu une pratique courante au niveau de ces localités et les populations n’ont pas tardé à en découvrir les bienfaits tant sur le plan de leur santé que celui de leur confort et leur commodité.

Ce changement qualitatif a suscité une large adhésion, mieux certaines localités à limage de Achwalil (18 Km au Sud-Est de Tidjikja) convaincues des avantages du FDAL ont procédé à leur « autodéclenchement ».

Le cas typique de Nimlane

Bourgade située à 35 km au sud de Tidjikja, Nimlane, chef-lieu de la commune rurale de Tensiqh, est bâtie sur les hauteurs d’une falaise traversée par un cours d’eau saisonnier (Batha) prenant sa source d'une célèbre Oued nommée Braida. Cette localité, qui date d’un peu moins d’un siècle est habitée par des paysans pratiquant la phoeniciculture (culture du palmier dattier) comme activité principale à côté d'activités agropastorales, plus ou moins, rudimentaires.

Semi-sédentaires ils continuent à perpétuer certaines habitudes nomades héritées de leur passé d’éleveurs transhumants n’accordant que peu d’importance à un cadre de vie, le plus souvent, temporaire.

Aujourd’hui encore, les résidus de cette mentalité se font remarquer à travers certains comportements anachroniques qui tendent, heureusement, à disparaître progressivement.

En effet, un début de solution durable a été trouvé à la question de l’insalubrité ambiante et celle en particulier de la défection à l’air libre, à travers l’intervention du programme ATPC (Assainissement Total piloté par la Communauté).

Certifiée Fdal (fin de la défécation à l’air libre) depuis 2011,  les habitants de Nimlane n'ont pas tardé à adopter de nouveaux comportements sur le plan hygiénique.

Etat des lieux

Le découpage de Nimlane en quatre zones : Leareyguib (31 ménages, 300 habitants, 22 latrines), Argoub (46 ménages, 230 habitants, 36 latrines), Zire (14 ménages, 75 habitants, 7 latrines) et Savia (40 ménages, 200 habitants, 12 latrines), donne une idée de la répartition des latrines dans cette localité et le nombre de personnes qui en font usage.

C’est ainsi que sur une population estimée à 1500 personnes, huit cent cinq (805) personnes possèdent désormais des latrines et sont sensées en faire usage. L’impact positif de ces latrines ne s’est pas fait attendre.

Selon le chef de poste de santé de Nimlane Mr Mokhtar Ould Mohamed Abdallahi, les maladies diarrhéiques ont connu un recul considérable. « Je suis chef de poste de santé de Nimlane depuis novembre dernier et je puis certifier que depuis lors je n’ai enregistré que deux cas de diarrhée simple.

J’ai appris de sources proches des populations locales que les années passées il y avait une recrudescence des maladies de ce genre et des cas fréquents de malnutrition aiguë, je ne puis confirmer ni infirmer ces témoignages pour la simple raison que le registre des consultations est mal tenu. Seul le chef de service Information Sanitaire et Surveillance Epidémiologique à la Dras du Tagant peut vous édifier sur ce sujet »
indique t-il.

En effet, l’Isse Mr Cheikh Ahmed Ould Sidina que nous avons rencontré, le lendemain, à Tidjikja , a mis à notre disposition les relevés faisant ressortir les motifs de consultation de 2008 à 2014 au niveau du poste de santé de Nimalne. 89 cas de diarrhée simple et 7 cas de diarrhée sanglante ont été enregistrés en 2008 contre 79 cas de diarrhée simple et 4 cas de diarrhée sanglante en 2009, 56 cas de diarrhée simple et 4 cas de diarrhée sanglante en 2010, 12 cas de diarrhée simple en 2011 et 2 cas de diarrhée simple en 2012 et 2013.

Ces cas de diarrhée concernent, essentiellement, des enfants de tranche d’âge de 0 à 5ans et des femmes enceintes ou allaitantes.

Entretien avec les populations

Au poste de santé de Nimlane où nous avons rencontré Mokhtar Ould Mohamed Abdallahi responsable de la structure, Mohamed Mahmoud Ould Bah coordinateur régional de l’ATPC, Mohamed Ould Vall Imam de la mosquée, Mokhtar Ould Bouna, chef coutumier, Saada Ould Mokhtar , président de l’Association des parents d’élève, Toutou Mint Ahmed Ould Abdy, accoucheuse, Hamoud Ould Saleck, professeur au lycée de Nimlane, Ahmed Ould Hadramy et Mohamed Ould Souweilim, leaders naturels, l’ambiance était bon enfant.

« J’espère que vous n’êtes pas venus les mains vides, nous n’avons que faire des beaux discours, nous voulons des actes concrets » lança l’Imam de la Mosquée avec une pointe d’ironie. « Nous sommes venus parler du Fdal et son impact pour les populations locales » lui répondit le coordinateur régional de l’ATPC.

« Ce programme est fort utile et il gagnerait à être vulgarisé davantage et des mesure d’accompagnement doivent être prises pour appuyer les plus pauvres » indique l’Imam avant de préciser : « De nombreuses familles trainent encore le pas, certaines parce qu’elles n’ont pas été sensibilisées, d’autres parce qu’elles sont faibles économiquement. Personnellement je mettrai à profit mes rencontres avec les fidèles pour leur expliquer le bien fondé de ce programme » conclut l’Imam.

Cet avis est largement partagé par l’assistance, mieux, Hamoud Ould Saleck, professeur au lycée de Nimlane et Mokhtar Ould Bouna, chef coutumier souhaitent que la sensibilisation soit étendue également à ceux qui possèdent des latrines mais n’en font pas usage.

Pour Ould Saleck de nombreuses concessions des quartiers de périphérie (Argoub, Leareyguib) ne sont pas raccordés au réseau d’adduction d’eau. Cette situation est, selon lui, à l’origine d’un problème d’entretien des latrines qui deviennent impraticables au fil du temps. Aussi niveau de la zone de Savia (construite sur un terrain rocailleux), il est pratiquement impossible d’y creuser des fosses septiques. Selon lui les rares ménages qui y ont érigé des latrines l’ont fait au prix d’efforts considérables.

Témoignages

Mr Meymoune Ould Soumbare maire de la commune de Tensiqh « Il faut reconnaitre que la défection à l’air libre est une pratique qui a des conséquences néfastes sur la santé de nos populations et sur leur environnement. Mais autant, il faut des structures adaptées (latrines) pour lutter contre ce phénomène autant il faut mener une vaste campagne de sensibilisation pour amener les populations locales à souscrire et adhérer et partant contribuer à lutter efficacement contre cette pratique rétrograde.

Personnellement j’ai constaté que la défection a l’air libre est à l’origine de plusieurs maladies diarrhéiques dont sont victimes les enfants de bas âge et les femmes enceintes ou allaitantes. Ce phénomène est également la cause principale des maladies oculaires et d’autres respiratoires provoquées par des vents de sable chargés de germes.

Le programme exécuté par l’ATPC est fort utile en ce sens qu’il permet de juguler une dangereuse pratique qui n’a que trop duré ».
Cheikh Ahmed Ould Sidina chef de service information sanitaire et surveillance épidémiologique

« Construire des latrines c’est important mais faut –il les faire accompagner par d’autres mesures d’hygiène dont notamment : veiller au lavage des mains avant les repas et après les selles, consommer de l’eau propre et des aliments propres et bien cuits. Ce sont toutes ces conditions réunies qui permettent de lutter efficacement contre les maladies diarrhéiques »

Hamoud Ould Saleck, professeur au lycée de Nimlane

« Je suis professeur au Lycée de Nimlane et j’ai remarqué que depuis l’obtention du statut Fdal, les populations locales se préoccupent, de plus en plus, de leur hygiène. Et les conséquences n’ont pas tardé : En plus d’un recul sensible des maladies liées à l’insalubrité et au manque d’hygiène, l’intimité des grandes personnes, des femmes et des visiteurs est assurée. Toutefois j’attire votre attention sur le fait que ce ne sont pas toutes les familles de Nimlane qui peuvent avoir des latrines à la maison. Pour les familles plus défavorisées c’est moins la volonté qui fait défaut que les moyens»

Conclusion

Une dynamique irréversible de changement des mentalités et comportements s’est enclenchée au Tagant en général et à Nimlane en particulier suite à l’adoption de l’approche Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC).

Cette dynamique a permis, selon le Directeur régional de l’Hydraulique et de l’Assainissement Mr Mohamed Ould Kory redorer l’image de la DRHA (Direction Régionale de l’Hydraulique et de l’Assainissement). « Les populations locales ont commencé à accorder plus d’importance au volet Assainissement longtemps négligé et méconnu. Elles ont compris que l’Eau est indispensable pour la vie mais que sans assainissement point d’épanouissement et point de qualité de vie » devait-il dire.

Le DRHA a laissé savoir ensuite que le taux de prévalence de beaucoup de maladie diarrhéiques liées à la prolifération des matières focales a diminué considérablement indiquant à ce sujet les rapports positifs du Wali, des Hakems et des chefs d’arrondissement soulignant la réussite de l’Approche.

Ould Kory a également mis l’accent sur les rapports trimestriels de la DRHA faisant état de l’acceptation, l’appropriation et l’adhésion des populations locales à l’Approche. Il a indiqué que la coordination de l’ATPC représente désormais un service régional d’Assainissement dont les services sont hautement appréciés par les autorités régionales avec lesquelles elle travaille en étroite collaboration.

C’est dire qu’avec la généralisation de l’utilisation systématique des latrines l’on constate une nette diminution de certaines maladies, l’élimination progressive du phénomène de défection à l’aire libre, une disparition des matières fécales qui souillaient l’environnement immédiat des populations riveraines et l’apparition de nouvelles pratiques d’hygiène avec l’organisation périodique de campagne de nettoyage et la généralisation de la pratique du lavage des mains avec le savon.

Khalil Sow –Tagant



Avec Cridem, comme si vous y étiez...












Khalil Sow