vendredi 29 septembre 2017

Les traditions culinaires du Fouta célébrées à la 5ème édition de The Mael international

En Mauritanie, c’est le village de Dioudé Dandé Mayo situé à 3 kilomètres de Bababé sur la rive du fleuve qui a accueilli cette mémorable journée. A l’instar d’une soixantaine de pays dans le monde, le village a pour une deuxième fois commémoré, la journée mondiale dédiée à la promotion du repas. L’objectif des organisateurs établit en Suisse est de promouvoir la consommation des produits alimentaires locaux. Et à long terme, le développement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Gori Amayel N’Diaye est l’organisateur de cette grande journée en partenariat avec Belel Thièly, association du village, avec l’appui des femmes de la coopérative de la localité, regroupée derrière Coumba Hawa Sall, la présidente et la localité de Dioudé Diabé (Sénégal). Cette deuxième édition de The Mael international à Daandé Maayo a été renforcée par l’organisation d’une caravane de santé. Avec des consultations de stomatologie conduites par le docteur Koundoul Ibrahima et son collègue Ibrahima LOM, venu de Cas Cas prêter main forte avec un lot de médicaments offert gracieusement par le docteur Idy Diop basé à Dakar. Dès les premières heures de la matinée, en synchronisation avec d’autres localités du monde, les femmes ont commencé la préparation de cinq plats sur la base des produits agricoles locaux. Il s’agit d’un plat de pâtes composées de la farine du mil et de différentes variétés de poissons d’eau douce, mélangés avec le beurre de vache transformé et appelé "Nébam Sirmé". Un deuxième plat composé de pâtes préparées à partir de brisures de Sorgho et de poissons secs d’eau douce. Des pâtes fabriquées à partir de la farine de Niebbé (haricot) avec du sucre constitue le 3ème plat. Une bouillie fabriquée à base de l’oseille de guinée appelée "Larou", le 4ème plat. Un plat composé de minuscules boulettes fabriquées à partir de la farine de céréale communément appelé en langue Peulh Une plat appelé "M’Banioungou" ; servi généralement aux enfants circoncis. Contrairement à la précédente édition, celle de 2017 a été rehaussée par la présence d’importantes personnalités locales ; l’honorable député, Fall Mika Birama, l’adjoint au maire de Bababé, M’Baye Abdarrahmane, le poète commissaire à la retraite, Sall Djibril, M. M’Bow El Hadj, secrétaire général de l’AMDH, qui prenait part à une cérémonie d’abandon des MGF dans un village voisin, M. Idrissa Wélé, représentant local de The Meal International accompagné d’une forte délégation venue de la localité de Dioudé Diabé (Sénégal). Des plats simples et délicieux Aux alentours de 15 H, les différents plats préparés par les femmes de la coopérative du village ont été exposés devant l’assistance. Boube Pathé SALL, prend la parole pour les citer un à un en précisant le menu de chaque plat. Salve d’applaudissements de l’assistance composée de femmes, de vieux et surtout de jeunes filles dont l’écrasante majorité ne sait plus tout simplement comment sont préparés et cuisinés ces différents plats. La femme, précise à l’attention de l’assistance que pour trouver un mortier dans le village, ça été un parcours de combattant. Suffisant pour témoigner de la lente ou très rapide disparition des moyens de préparation culinaire traditionnelle dans la localité en particulier. Au domicile de l’ancien chef du village, les femmes de la coopérative sont venues très tôt pour commencer la cuisine. En chantant et dansant et entonnant les noms des différents plats. Coumba Aîssata Bah dirigeait l’équipe en charge de la préparation du célèbre plat en milieu peulh, Niiri Bounah (pate de céréales de sorgho mélangée au poisson sec). Elle détaille les différentes étapes de préparation de ce plat qui a nourri dans le passé de nombreuses générations dans le Fouta. Coumba N’Diaye surgit pour compléter son homonyme et rappeler que cet art culinaire demeure un héritage légué par les ancêtres qui n’ont connu que les houes et les haches. Nous défrichons les champs, nous trouons la terre, nous semons et ramenons le sable dessus, nous surveillons des mois durant, et faisons les moissons avant de garder dans les magasins. Nos enfants portés sur les dos, nous partons puiser l’eau du fleuve et nous enlevons les épis de maïs et nous pilons dans les mortiers. La farine obtenue est trempée dans la marmite pour être bouillie. Et nous donnons à manger nos époux et nos enfants. Le soir nous cuisinons le haricot avec le pastèque a conclu cette dame. Daado Baydi SALL, quant à elle dirigeait l’équipe chargée de la préparation du plat de Larou. Autrefois, très nutritif car composé de feuilles d’oseilles de guinée, riches en vitrâmes C. Batouly Abdoulaye Ka dite Coumba Diaw, chef de l’équipe qui préparait la pâtes à base de Niebbé, (haricot en langue de Molière). Les grands marabouts de Bababé, Thièrno Hadi et Thierno Boubou de Bababé auront leur part affirme Coumba Diaw, leur cousine à plaisanterie qui ajoute au passage qu’elle demeure convaincue que ce plat est leur lion (rires). Hawa Gaye pilotait le repas Niiri Thiengle dénommé en français pâtes, également préparé avec le mil et du poisson d’eau douce. Maîrame Dèèdé s’est occupé comme il faut avec son groupe du repas de la bouillie de mais et Mairame Abdoul d’expliquer la préparation du plat de MBathioungou destiné aux enfants circoncis. Dans la foulée, Houlèye Coumba de déposer une grande et importante quantité de lait, traite à partir des vaches et fermentée au bout de quelques heures avant d’être consommée. La promotion des produits agricoles locaux Mama Djiby DIEG, un jeune de la localité d’Aéré M’Bar s’est associé cette fois-ci avec Goori N’Diaye et compte organiser la future édition dans son village. Il a grandement contribué à la réussite de cette édition 2017 qui accueilli une caravane de santé. Le représentant local de The Mael international, Idrissa Wélé s’est dit très fier d’effectuer le déplacement à Dioudé Dandé Maayo pour rehausser l’évènement. Le thème retenu pour célébrer l’édition de 2017 est " un exemple de coopération entre les deux Dioudé". Rappelant que la frontière relève d’une balkanisation faite par le colon. Ce sont les mêmes peuples. L’idée est née en Suisse où se trouve une association dénommée un repas un avenir présidée par Michel Beaumann pour promouvoir l’agriculture en Afrique. Il a exhorté les populations à mettre en valeur leurs terres pour combattre la faim et lutter contre l’accaparement les terres . Nous avons l’eau et la terre a continué M. Wélé. Une journée réussie et qui mérite d’être à l’avenir soutenue par l’ensemble des partenaires au développement. Daouda AK DIOP Le Terroir

samedi 16 septembre 2017

Mauritanie : Travaux pour améliorer l’accès à l’eau de 4'000 personnes à Fassala

Les travaux de réhabilitation partielle du réseau d’eau de la localité de Fassala (Wilaya du Hodh El Chargui), ont débuté le 14 septembre 2017 Ces travaux sont conduits par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en étroite collaboration avec l’Office National des Services d’eau en milieu rural (ONSER). Le CICR se fixe pour objectif au travers de ce projet d’améliorer l’accès à l’eau de 4’000 personnes à Fassala. « Nous voulons, à terme améliorer de façon durable, les conditions d’accès à l’eau potable des populations résidentes et réfugiées affectées depuis 2012 par les conséquences du conflit armé au nord du Mali», explique Madame Rachel Bernhard, cheffe de la délégation du CICR en Mauritanie. Le projet consiste à rétablir trois unités de production (forages), renforcer le réseau hydraulique existant, réaliser une source alternative d’énergie (panneaux solaires).. L’exécution des travaux sera assurée pour une durée de 3 mois. « Nous sommes très satisfaits de pouvoir poursuivre notre partenariat avec les services techniques étatiques mauritaniens, dont la SNDE (Société Nationale de Distribution de l’Eau) et l’ONSER», précise Madame Bernhard. Par ailleurs, en mars dernier, le CICR a terminé des travaux sur le réseau hydraulique de Bassikounou pour une valeur totale d’environ 49 millions d’ouguiyas. Ces travaux réalisés en partenariat avec la SNDE ont consisté notamment en la réalisation notamment d’un nouveau forage, la fourniture et l’installation d’un groupe électrogène et la réhabilitation d’un local technique. Ces travaux bénéficient à environ7’000 personnes. En Mauritanie, le CICR s’emploie principalement à améliorer le sort des détenus et à venir en aide aux réfugiés du Mali et populations du Sud-Est affectées par le conflit au Mali. Le CICR promeut le droit international humanitaire et aide le Croissant-Rouge mauritanien à se préparer aux situations d’urgence. Informations complémentaires : Diagana Hamzatou, CICR Nouakchott, tél. Mobile : +222.43.42.00.02ou sur notre site : www.cicr.org Pour visualiser les dernières vidéos du CICR et les télécharger en qualité professionnelle, veuillez consulter le site : www.icrcvideonewsroom.org Suivez le CICR sur Facebook (Facebook (facebook.com/icrc) et Twitter (twitter.com/cicr_francais) 14 septembre 2017 CICR

vendredi 15 septembre 2017

Hivernage 2017 : une terrible année pour la Mauritanie

Le Courrier du Nord - De Nouakchott jusqu’à Aleg, ce n’est que désolation. Des étendues de terre aride, comme si aucune goutte de pluie ne s’est abattue dans ces contrées, alors que l’hivernage a presque plié ses derniers nuages. Les rares pluies qui se sont abattues prématurément dès le mois de juin et de juillet dans ces contrées ont laissé quelques maigres touffes d’herbe asséchées. Le bétail n’a plus que la peau sur les os, et les populations risquent de vivre la période de soudure la plus implacable de leur vie. Selon des images satellites projetées par la FAO sur la Mauritanie, la saison des pluies de l’année 2017 risque d’être la plus catastrophique que le pays ait jamais connu. Seule une bande verdoyante couvre les régions frontalières avec le Mali du côté du Hodh El Gharbi, de l’Assaba et du Guidimagha. Tout le reste du pays est frappé de plein fouet par une sécheresse aux conséquences dramatiques aussi bien pour le bétail que pour les populations. D’où le risque que la Mauritanie soit confrontée à des flux importants d’exodes du monde rural vers les villes, avec leur lot de malnutrition et l’aggravation de l’insécurité alimentaire. Déjà, plusieurs acteurs nationaux et même internationaux commencent à tirer la sonnette d’alarme pour prévenir toute situation de catastrophe humanitaire à venir. Cheikh Aïdara