samedi 16 avril 2016

Tidjikja : Abattage des palmiers attaqués par le charançon rouge : Une famille s’interpose, la police fait usage du gaz lacrymogène !

Tidjikja : Abattage des palmiers attaqués par le charançon rouge : Une famille s’interpose, la police fait usage du gaz lacrymogène !
La palmeraie de la famille Ehel Elemine a été , ce matin du samedi 16 avril, le théâtre d’un bras de fer opposant les éléments de la police et des manifestants venus s’interposer contre l’abatage des palmiers attaqués par le Charançon.

Il a fallu que la police fasse usage de la force pour faire reculer la famille Ehel Elemine et ceux qui sont venus leur prêter main forte.

Selon le technicien rencontré sur place l’inquiétude exprimée par la famille Elemine est non fondée. Il s’agit, tout au plus, de six palmiers à abattre sur un total de plus de vingt palmiers. Ce quota est appliqué à toutes les palmeraies de la zone infestée où les effets du charançon ont été constatés.

Ce quota est de 20% pour les grandes palmeraies et 15 % pour les palmeraies moyennes. Un procédé que la famille Elemine n’a pas entériné préférant plutôt que les techniciens du projet Oasis soient convaincus que le palmier est attaqué avant de l’abattre. D’ailleurs, selon Med Ould Elemine, le résultat est négatif pour les quatre palmiers déjà abattus et il l’est également pour huit palmiers sur huit de la Zriba des Ehel Zein et sur les huit palmiers de la palmeraie de Mine Ould Nemoud un seul est attaqué.

Il faut rappeler que le Charançon rouge est un redoutable insecte qui s’attaque aux palmiers dattiers avec des effets irréversibles dans le moyen terme. Présent dans l’Oued de Tidjikja et particulièrement dans la zone d’El Wastha, cette bestiole continue en sourdine à se propager et à gagner du terrain.

Le Wali du Tagant Mr Sidi Maouloud Ould Brahim s’est impliqué personnellement pour circonscrire le mal en alertant les pouvoirs publics et l’opinion nationale, il a présidé des rencontres avec les agriculteurs et les spécialistes de la question pour qu’une solution soit trouvée. Des efforts ont été également déployés par la ministère de l’agriculture Mme Lemina Mint Moma qui a abordé la question lors de sa dernière visite à Tidjikja en promettant de mettre les moyens nécessaires pour éradiquer le mal.

Il est toutefois nécessaire de faire adhérer les paysans à la stratégie de lutte adoptée pour éliminer définitivement le charançon en adoptant une sensibilisation de proximité permettant de mettre tous les acteurs au même niveau d’information. Il n’est pas exclu que la famille Ehel Elemine ne soit pas suffisamment informée sur les dessous de cette lutte dont certains aspects techniques pourrait leur échapper.

D’autre part, il est nécessaire de prendre des mesures pour épargner les élèves de l’école 1 de Tidjikja ( qui se trouve dans la zone d’El Wastha) des conséquences néfastes liées aussi bien à la fumée qui se dégage des palmiers incinérés que de l’inhalation du gaz lacrymogène dont ils ont été soumis tout au long de la matinée du samedi 16 avril.

Khalil Sow
Nouakchott Info

1 commentaire:

  1. Les pouvoirs publics (les autorités régionales en particulier) ont traité avec beaucoup de complaisance se scandale du charançon rouge – car il s’agit bien d’un scandale qui ne dit pas son nom. Disons plutôt qu’il s’agit d’un « charançon-gate ». Mais les principaux auteurs ne sont même pas été inquiétés !
    Pourquoi ne pas avoir constitué une commission d’enquête à ce sujet, afin de déterminer les personnes ayant introduit les palmiers infectés ?
    Pourquoi ne pas mettre en examen l’ancien maire de Tidjikja, Ould Biha, qui, en 2011 faisait l’éloge de la Mahboula, puis quand il a quitté la Mairie, avait introduit en 2014 des tonnes de palmiers et en distribuait à tour de bras ?
    Les scandales d’Air Mauritanie et du riz avarié (2009) sont encore dans les mémoires.
    Pourquoi donc ne pas parler de celui-ci ? C’est là la question.

    Vent de Sable.

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