jeudi 5 mai 2011

Boghé/Thidé : L’UFP secoue la forteresse politique du Colonel Dia Adama Oumar.




C’était dans l’après midi du vendredi, 29 avril, au sein de la vaste cour du domicile familiale de Sow Moussa, un des vieux routiers politiques de l’Union des Forces de Progrès. Ils étaient environ deux cents personnes à avoir pris part à un rassemblement politique convoqué à l’initiative de M. Sow Moussa, un natif du village de Thidé.

Des notables des femmes des jeunes venus des localités de Thidé, de Gourel Sadda, de Horé Mondié, de Ganki, de Ari Hara, de Bèlel Koîlé, de Bèlel Ournguel, de Wouro Amadou Hawa, de Mourtogal ont fait le déplacement en masse pour répondre à l’appel de l’UFP qui avait perdu toute sa base à Thidé et environ après les élections présidentielles de mars 2007 quand celle-ci avait porté son choix sur la personne de Ibrahima Moctar Sarr au détriment du candidat Mohamed O Mouloud.

Depuis lors, l’AJD/MR s’était substituée à l’UFP en tant que force politique d’opposition dans ce village face à au Colonel Dia Adama Oumar, l’actuel chef d’Etat Major particulier du président de la république qui était tombé avant (entre 2007 et 2008) en disgrâce, sous l’ère Sidioca.

Après le putsch du général Aziz qui l’avait propulsé au devant de la scène, le colonel Dia avait réussi à attirer dans le giron du pouvoir le noyau dur de l’UFP dans le village de Thidé : Saîdou Dia, Elimane M’Baye, Mama Siradji et autres. Bien qu’ayant bénéficié de ces importants ralliements, le colonel n’a pas pour autant réussi à éteindre la flamme de l’opposition dans sa localité. Beacause : de jeunes supporters de Ibrahima Moctar Sarr, le leader de l’AJD/MR avait dressé un barrage solide sur son chemin.

Le dirigeant de l’AJD/MR, comme vous le savez, a depuis rallié le camp du pouvoir. Donc, celui de Dia Adama Oumar. Il s’avère que la grande majorité des jeunes sont aujourd’hui déçus à la fois par le pouvoir mais aussi par IMS, le président de l’AJD. C’est dans ce contexte que les dirigeants de l’UFP ont entrepris depuis quelques mois un travail de reconquête de la localité devenue un alors un symbole pour les deux camps, du fait qu’elle est le village d’où est originaire le chef d’Etat major particulier du président de la république, Mohamed O Abdel Aziz.

Et pour ce faire, le parti de Ould Maouloud a déployé la grosse artillerie. A sa tête, l’honorable député, Kadiata Malik Diallo, 5ème vice-présidente qui avait été précédée sur le terrain par M. Bâ Boubacar Moussa, le vice président de l’UFP et ancien ministre conseiller à la présidence. Parmi la délégation venue à Thidé, on notait aussi la présence du maire Bâ Adama Moussa, du député Sy Samba, de M. Tall El Hadj Omar (cadre du parti), de M. Sidina O Mohamed et Mohamed O Maciré (respectivement vice président et trésorier de la commission d’implantation du Gorgol et du Brakna).

« Aziz, le président gabégiste».


Devant l’assistance, Kadiata Diallo s’est évertuée à démontrer, arguments à l’appui, le caractère malhonnête et maladroit du régime du président Mohamed O Abdel Aziz. Ce dernier, selon elle « demeure un chef d’Etat irrespectueux des lois de la république et qui n’a que peu de considération pour ses alliés politiques sans parler de ses opposants». Sur le premier point, elle évoque la dilapidation par Mohamed O Abdel Aziz du montant de 50 millions de dollars accordés à notre pays par l’Arabie Saoudite quand Sidi O Chêikh Abdallahi était au pouvoir.

A deux reprises dit-elle, les députés ont interpellé le P.M au parlement sur ce qui est advenu de ce don et la première réponse de Moulaye O Mohamed Laghdaf en 2009 faisait croire à l’opinion que cet argent restait consigné dans un compte bancaire à la banque centrale. Et en 2010, à la surprise générale, affirme t-elle, c’est le chef de l’Etat lui-même qui affirme que le montant a été dépensé… Une dépense illégale car n’ayant pas été soumise au préalable à l’approbation du parlement a-t-elle ajoutée.

Et, le président Aziz croit pouvoir tromper le peuple avec ses déclarations tapageuses de lutte contre la gabegie alors que lui, ne respecte pas les lois édictées par notre pays en matière de lutte contre la gabegie. La députée s’étonne de voir un président lutter contre la gabegie alors que tout son et entourage reste composé d’anciens ministres et premiers ministres qui ont géré le pays sous l’ère Taya.

Au sujet de ses rapports avec ses alliés, elle a laissé entendre que Aziz n’a que du mépris pour ces derniers. En atteste dit-elle, les propos qu’il a servi à ces derniers lors de l’audience avec les partis de la majorité présidentielle.

La hausse des prix, la pauvreté de plus en plus grandissante des ménages, le chômage des jeunes, la déconfiture du système éducatif, la grève dans le secteur de la santé, les manifestations estudiantines, le blocage du dialogue politique, l’esclavage, l’Etat civil, la répression des manifs de Zouératt, la confiscation des terres de la vallée, les rapatriés, la discrimination des négro-africains par le pouvoir en place, sont autant de question abordées entre autres par la députée avec les participants lors de ce meeting.

Mohamed O Abdel Aziz tient le même discours truffé de mensonges depuis son accession au pouvoir fait –elle remarquer. S’il affirme que les caisses de l’Etat sont remplies d’argent pendant que les populations végètent dans la misère, qui pense tromper, s’exclame la lionne du fouta. Les intervenants à leur tour, ont tiré à boulets rouge sur régime actuel. Qu’ils soient vieux, jeunes, femmes ou rapatriés, ils ont dénoncé l’échec de la politique actuelle menée par le pouvoir en place.

Certains parmi eux, ont été particulièrement virulents dans leurs critiques vis-à-vis de certains barons politiques locaux sans citer de nom. Comme en témoigne la réaction de cet adulte qui dit : « nous n’avons rien vu et rien n’a été fait ici pour nous convaincre de continuer de soutenir Aziz». Et ce dernier encore de s’écrier : « Haydara O Wadaani guila O dioodi». Termes pulaar qui signifient en français « il n’a rien fait depuis qu’il s’est installé sur le fauteuil ».

Le colonel Dia lâché par ses fidèles.


Au cours de ce meeting, deux fidèles lieutenants du colonel Dia Adama Oumar, chef d’Etat major particulier du président Mohamed O Abdel Aziz, Maîmouna Gafo et Amadou Hamat N’Dongo ont annoncé leur ralliement à l’UFP. La première avait en charge les jeunes filles et femmes au sein de l’UPR dans la base politique du colonel à Thidé. Et le second s’occupait de l’encadrement des jeunes. Maîmouna Sy dite Maîmouna Gafo en prenant le micro a dit ceci : « j’étais dans l’obscurité mais aujourd’hui j’ai retrouvé la lumière ». Propos salués par une salve d’applaudissements.

Même raisons entre autres avancées par le jeune N’Dongo pour justifier sa rupture avec le colonel. Autre raison évoquée pour justifier ce ralliement à l’UFP, la constance des idées et sa position. Ces deux jeunes ont en commun la particularité d’avoir milité toujours (15 ans) dans la mouvance du pouvoir à côté du colonel et de son épouse, la sénatrice maire de Sebkha. Malgré le coup de file passé à Maîmouna Gafo à 2 heures du matin par le colonel pour l’a dissuader de franchir le pas.

C’est une grande perte que vient de subir le chef de file de l’UPR à Boghé. A la veille du meeting, un notable très proche du colonel a exercé de fortes pressions sur les jeunes qui se sont ralliés pour empêcher la tenue du meeting mais en vain.

«Le colonel risque de piquer une crise et rendre l’âme si vous organiser ce rassemblement politique, vous savez qu’il ne supporte pas ces choses » a t-il déclaré devant les jeunes qui nous ont rapporté ces propos dont nous avons délibérément censuré quelques passages pour ne pas heurter la sensibilité de certaines personnes. Le maire de Boghé et le colonel Sidina, ont également pris la parole devant le public.

Il faut signaler également la présence de militants du MPR de Kane Hamidou Baba, à cette réunion. Une chose est sûre : le colonel Dia Adama Oumar perd du terrain dans son propre fief.

Jules Diop
CP Brakna de l’Eveil Hebdo

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