samedi 19 juillet 2014

Oualata, le secret de la Mauritanie heureuse (2)

 Le « Mauritanien heureux », citoyen moderne qui a accompli sa mue, est définitivement débarrassé de tout lien tribal et ethnique, la « Mauritanie heureuse » ayant prise sur tous les modes de socialisation adaptés aux défis du 3ème millénaire.

L’invention d’un idiome, qui est une synthèse de toutes les langues mauritaniennes et auquel se sont identifiés spontanément tous les concitoyens, n’est pas la moindre des habiles inventions de la « Mauritanie heureuse », qui a réussi, au-delà des particularismes, à avoir fait émerger une conscience nationale, qui a affermi les liens entre tous les Mauritaniens.

Ayant apprivoisé, grâce à la science, son environnement naturel hostile, le Mauritanien nouveau a maintenant de l’emprise sur toute l’étendue du globe, et il n’est même plus le moindre recoin cosmique qui échappe à son regard investigateur et scrutateur.

A la manière des personnages de Micromégas, conte philosophique où Voltaire met en scène des échanges intergalactiques entre des mondes aussi nébuleux qu’étrangers les uns aux autres, les protagonistes du récit du professeur Ely Moustapha sont mus par un insatiable appétit de percer les mystères du l’univers : mais le secret des « Mus », race androïde plus évoluée que celle des Humains, demeure longtemps opaque à leurs investigations scientifiques.

Très proches des hommes, les Mus avaient été en danger d’extinction, leur « gigantesque planète « Muyena » ayant «atteint la limite de son existence galactique. » (p.76-77) Les quatre rescapés de la race des Mus n’ont eu d’autre choix que celui d’avoir un gîte dans un espace physique proche du leur.

Hormis sur la Terre, alors en gestation et qui représentait, en miniature, leur planète, les Mus ne pouvaient élire domicile nulle part ailleurs. On était « en l’an 174800 », selon le calendrier de la défunte planète « Muyena », lorsque les Mus avaient décidé de s’installer à Oualata, dont les « coordonnées spatiales correspondent à des dates qui leurs sont chères » :

«Ainsi ils choisirent la date 174800 qui correspondait à la date d’évacuation de leur planète, ce sera la latitude Nord, et la date : 72400, qui est celle de l’année de l’avènement de la civilisation mu, ce sera la longitude Ouest. Or cette latitude et cette longitude correspondaient (après correction de la dérive des continents) à l’emplacement géographique où allait s’ériger au Moyen-Âge la ville de Oualata ». Pages 77-78

La Terre étant alors à l’état embryonnaire, les cinq survivants de la race humanoïde décident d’hiberner pendant des lustres avec le secret espoir de pouvoir se reproduire, une fois un espace tellurique viable formé ; mais l’horloge programmée pour les réveiller, pour être dotée d’un stock énergétique suffisamment puissant pour traverser des ères cosmiques incommensurables, n’est guère à l’abri des dérèglements inopinés. Aussi, la chance des Mus de se réveiller se volatilise-t-elle… à quelques encablures seulement de l’échéance tant rêvée :

« Ils décidèrent alors de se mettre en hibernation. Ils s’enterrèrent alors dans des sarcophages cryogéniques au cœur d’un massif montagneux qui dominait leur lieu d’habitat, Birou. Massif montagneux qui allait devenir avec le temps le Dhar Oualata. Ils enterrèrent, avec eux, leurs appareillages biotechnologiques, dont ils dépendaient et qui fonctionnaient avec une énergie non épuisable, l’électromagnétisme.

Ils transcrivirent leur histoire, en langage naturel déchiffrable, sur une première plaquette en métal vivant qu’ils gardèrent dans leur sarcophage, leurs secrets technologiques et leur alphabet sur une seconde plaquette du même métal qu’ils cachèrent dans un endroit qui n’était connu que d’eux…Puis ils entrèrent en hibernation. En 2012, une gigantesque explosion se fit entendre au dessus de la ville de Oualata et les habitants purent voir des éclairs jaillir de l’escarpement qui environnait la ville.

Un grondement sourd se fit entendre et un fort glissement de terrain atteignit certains quartiers de la ville dont les habitants ne durent leur salut qu’au fait qu’à cette heure-là ils étaient à la cueillette des dattes dans l’oasis. Les Mus tentaient de se réveiller, mais ils ne le purent car l’horloge qu’ils avaient programmée pour leur réveil s’était détraquée faute d’énergie.

En effet, durant leur sommeil les pôles magnétiques de la terre, vers lesquels ils avaient fixé leur système d’alimentation, s’étaient déplacés avec la formation de la terre. Le système tenta tant bien que mal de s’alimenter en attirant toute source électromagnétique mais il ne put entretenir suffisamment les générateurs cryogéniques et l’horloge temporelle. »
(Pages 78-79)

Non seulement les « Titans » ne se réveillent pas, ils sont même pulvérisés par l’explosion. Au pied du « massif montagneux » de « Oualata » (nom d’une ville mauritanienne, aujourd’hui tristement célèbre à cause de son bagne) il se forme, à cause de l’impact de la déflagration, « un profond cratère », que les laboratoires de la « Mauritanie heureuse » se hâtent d’explorer minutieusement : la découverte d’une « plaquette » métallique, « à forme géométrique », sur laquelle est transcrite, « en langage déchiffrable », la Grande Histoire des Mus, lève le mystère sur la brillante civilisation des titans humanoïdes ; toutefois, le mystère demeure entier sur une « plaque vivante », à « silhouette humaine », dont fait état une des inscriptions de la plaquette en métal.

A ce niveau d’investigation, le récit de science fiction se transforme en quête initiatique pour débusquer l’endroit où est enfouie la mystérieuse « plaquette vivante à forme humaine » et décrypter ses signes impénétrables, délibérément cryptés par les Mus.

Le déchiffrement de l’alphabet des Mus, découvert grâce à la première plaquette, oriente le narrateur, sa femme et son ami d’enfance, Ali Youne, vers une grotte, à l’intérieur de laquelle ils ont la surprise de découvrir les « décorations qui ornent les portails de Oualata », dont les motifs sibyllins s’avèrent représenter « un message technologique des titans ».

Les personnages sont émerveillés de découvrir que « depuis des siècles, les femmes de Oualata écrivent un livre ouvert qui retrace une technologie de cent mille ans ! » (p. 207) : la ville de « Oualata », dans la Mauritanie actuelle, est associée – du moins dans l’imaginaire des victimes « négro-mauritaniennes » du dictateur déchu Ould Taya -, au racisme, à cause de la « prison-mouroir » qu’elle abrite ; mais sa position centrale dans la fiction du professeur Ely Moustapha, qui en fait l’abri d’une race humanoïde supérieure aux humains, redore son blason et l’investit d’une nouvelle vocation : celle d’être un trait d’union et un lieu fécond de convergence des différences.

Après moult investigations laborieuses, il apparaît évident, aux yeux de tous, que seule la présence simultanée des trois personnages pourrait venir à bout du message crypté des Mus : les titans, qui savaient « utiliser les couloirs du temps », connaissaient « les humains mieux qu’eux-mêmes » et avaient sciemment confié le décodage de leur secret à la terre de Mauritanie, lieu de grandes rencontres et de grande diversité ethnique et chromatique : il se trouve que le narrateur est un « Maure blanc », sa femme une « Wolof », dont le frère est un « Toucouleur » et la tante une « Serer » : un spectre chromatique satisfaisant pour avoir accès au « Grand Livre de l’Univers » promis à ceux qui, « main dans la main », promeuvent le métissage culturel et biologique, si cher aux Mus, qui abhorrent la suffisance des identités chauvines et fermées:

« Aux premières lueurs du jour, nous étions devant la grotte. (…) Le ciel s’est ouvert pour nous. Car, à nous trois, nous symbolisions, en jaune, en bleu et noir, tout un peuple. Les titans savaient cela depuis qu’ils étaient sur terre. Ils le savaient car utilisant les « couloirs du temps », ils nous connaissaient mieux que nous-mêmes.

Ici, dans cette grotte, nous représentions une clef humaine en jaune, bleu et noir. Couleurs humaines associées pour ouvrir un portail quelque part dans l’univers. Je pris conscience tout-à-coup que la fresque risquait de s’estomper, si l’on n’agissait pas vite. Je tirai mes amis de leur quasi-hypnose en commençant par prononcer la phrase sidérale. Mes compagnons la répétèrent aussitôt après- moi. Et ce qui arriva nous tétanisa.

Tout, autour de nous, se mit à vibrer et nous allions fuir vers la sortie, lorsque la grotte se transforma en un planétarium gigantesque. Nous étions dans les étoiles. Nous ne sentions plus notre poids, ni le sol, ni l’air et aucun repère sinon les galaxies. Dans un réflexe de cohésion, nous nous prîmes la main et nous ne savions pas que c’était là le signe que nous devions donner pour que s’accomplisse le miracle ! Main dans la main. Voilà la seconde clef du miracle ».
(Pages 209-210)

Les deux conditions remplies (diversité épidermique et assistance mutuelle), les personnages ont enfin accès au « Grand Livre de l’Univers », qui leur révèle toute l’histoire de la Mauritanie, dans le cadre général de l’histoire de l’Afrique, de l’époque « héroïque » de la résistance anticoloniale à celle des pages sombres de leur pays.

Alors, une voix d’outre-tombe d’un Mu, qui leur fait don de beaucoup de livres, retentit et recommande solennellement aux personnages de veiller au strict respect des nobles « valeurs » représentées par l’admirable devise de la Mauritanie Honneur, Fraternité, Justice »). La fonction de cette révélation prophétique, par la médiation des Mus, est de sanctifier les prescriptions éthiques, d’autant qu’elles sont énoncées par une voix d’outre-tombe, plus apte que n’importe quelle autre, à signifier l’écart tenu entre l’apothéose et l’anéantissement :

« Des fanions au vent, des cavaliers qui paradaient. On avait la faculté de reconnaître tous ceux qui passaient. El Hadj Oumar Tall… Cheikh Melaïnine… Samory Touré… tant et tant d’autres encore… Notre histoire glorieuse défilait devant nous…

Discours du père de la nation, Mokhtar Ould Daddah au congrès de la clarification. Militaires se pavanant dans un palais présidentiel discourant et se relayant à un siège unique… peuple miséreux délaissé… villageois traversant en larmes les rives du fleuve… Prisonniers sous la torture… Procès infinis… Exécutions sommaires… Détournements… Vols… famine… Maladies… Nous étions horrifiés par ces images, illustration vivante de ce que rapportent nos livres d’histoire… Et l’on se serrait encore plus fortement les mains comme pour échapper à tout cela…

Tout à coup le bout du tunnel s’éclaira de mille feux et nous nous retrouvâmes dans une salle immense dont les murs, s’élevant à l’infini, portaient des milliards de rayonnages de livres consignant tous les savoirs de l’univers. Une infinité de livres tombèrent d’un rayonnage du bout de l’infini et vinrent se fondre en nous. Ils portaient chacun un titre et, malgré mon émoi, j’en distinguai trois : Honneur, Fraternité, Justice. Tant de livres qui fusionnaient en nous et nous remplissaient chaque fois d’un sentiment d’une noblesse infinie…

C’est alors qu’une voix venant de nulle part dit : « Nous les Mus, dernière espèce disparue de la planète Muyena, vous gratifions de ces livres de l’âme tirés du rayonnage de la sagesse universelle. Ils remettent, en fusionnant avec vous, dans vos cœurs vos valeurs perdues. Aucune technologie, ni aucun savoir ne se développe s’il n’est bâti sur des valeurs. La civilisation des Mus en fut témoin. Ayant pris votre terre pour dernière demeure, nous vous délivrons en contrepartie un trésor. Vous restituer ce que vous avez perdu durant votre histoire : vos valeurs.

Nous perpétuerons ce message, qui sera indéfiniment écrit sur les murs de Oualata, notre dernière demeure. Message qui est écrit dans votre langue et qui prouvera pour l’éternité que notre peuple a existé et qu’il ne s’est pas éteint sans avoir aidé un autre peuple, le vôtre, à renaître. »
(Pages : 210-211) . A suivre…./

Note de lecture de Mohamadou Saidou Touré (Thierno)

Auteur : Medely (pseudonyme du professeur Ely Moustapha, universitaire mauritanien qui enseigne en Tunisie)

Titre : Oualata, le secret de la Mauritanie heureuse.
Editions Cultures croisées, 2007, 216 pages, ISBN : 2-913059-30-9


Distribution gratuite de vivres aux sinistrés des inondations de M'bout

 Distribution gratuite de vivres aux sinistrés des inondations de M'bout Le commissaire à la Sécurité alimentaire, M.Sid'Ahmed Ould Baba a présidé jeudi, en fin de matinée, à M'Bout, la cérémonie de distribution gratuite de vivres à 591 familles sinistrées par des inondations suite à des pluies torrentielles de plus 60 mm tombées le mercredi 9 juillet sur la ville et sur des localités avoisinantes.

Chacune de ces familles recevra une ration composée d'un sac de 50 kg de riz, de 25 kg de sucre, de 10 kg de haricots et de 2 litres d'huile. Le commissariat avait auparavant distribué 100 autres rations et kits composés chacun d'une tente, de 2 couvertures, de 2 nattes, de 50 kg de riz, de 25 kg de sucre, de 10 kg de haricots, de 2 litres d'huile, de 5 savons et de 2 bouteilles de javel au profit de 100 autres familles dont les habitations ont été endommagées.

Dans une déclaration à l'AMI, à l'issue de la cérémonie, qui s'est déroulée en présence du wali du Gorgol, le commissaire a indiqué qu'il est venu à M'bout pour s'informer sur la situation de ses habitants avant de souligner l'urgence des secours apportés par le CSA aux sinistrés de M'bout en moins de 24 heures des inondations.

M. Sid'Ahmed Ould Baba a, par la suite, noté l'importance de l'hygiène en période d'hivernage dans la préservation de la santé des populations. Il a précisé, dans ce cadre, que le CSA va assurer l'assainissement de la ville à travers la formule " vivres contre travail " qui offre des emplois aux citoyens et les rend utiles à leur cité.

Après la cérémonie de distribution des vivres, le commissaire a supervisé une autre distribution gratuite de 15 T de poissons de la société nationale de distribution de poissons (SNDP) aux populations de M'bout avant de visiter les familles sinistrées pour s'informer sur l'ampleur des dégats et leur apporter le soutien des hautes autorités de l'Etat. M. Sid'Ahmed Ould Baba a ensuite lancé les opérations de réhabilitation de la digue de protection de la ville et son assainissement.

Le commissaire a également présidé une réunion des élus et des cadres de M'bout axée sur la situation des sinistrés et les actions menées par le CSA en leur faveur. Dans leurs interventions, les élus et cadres de M'bout ont insisté, entre autres, sur l'interêt d'édifier une digue solide pour préserver une fois pour toute la ville des inondations, de remplacer les tentes par des hangars, de construire un collège à Edebbay et de clôturer les champs pour les protéger contres les animaux en divagation.

Dans ses réponses, M. Sid'Ahmed Ould Baba a précisé que le CSA, en plus des interventions d'urgences, réalise des programmes à courts et longs termes en partenariat avec des départements ministériels et l'agence Tedamoun qui peuvent bénéficier à M'bout, avant de louer les efforts des jeunes de la ville dans leurs actions d'aide aux sinistrés.

De son coté, le wali a assuré que les hautes autorités de l'Etat ont donné des instructions claires visant à tout mettre en uvre pour assurer le bien-être du citoyen avant d'indiquer qu'il a discuté avec les responsables de l'agence Tadamoun des possibilités de construire des logements décents aux familles sinistrées.

M. Mohamed El Moustapha Ould Mohamed Vall, a enfin demandé aux habitants de M'bout de retrousser les manches et de travailler afin de profiter de la situation favorable qui leur est maintenant offerte pour sécuriser leur ville et la rendre propre. Notos que la ville de M'bout a connu 4 inondations entre 1985 et 2014.

M'bout, 18/07/2014

vendredi 18 juillet 2014

Annonce de la création du village Cheikh Zayed pour les œuvres humanitaires en Mauritanie

 Annonce de la création du village Cheikh Zayed pour les œuvres humanitaires en Mauritanie   L’Association Dubaï pour l’action humanitaire aux Emirats arabes unis vient d’annoncer la mise en œuvre de la construction du village Cheikh Zayed, au sud de la Mauritanie, consistant en la réalisation d’un projet de 100 logements, 4 mosquées et une école.

Dans une conférence de presse organisée avant-hier, le secrétaire général de cette association, Ahmed Mesmar, a indiqué 25 logements seront construits dans un premier temps, en utilisant les matériaux locaux, précisant que le projet réalisé en collaboration avec une ONG française, sera effectué en deux phases.

Chaque logement comprendra deux chambres, un salon alors que la mosquée aura une superficie de 84 m2 et celle de l’école de 42m². Il a précisé que les travaux seront achevés au bout de six mois pour pouvoir aider des familles qui vivent dans des conditions précaires dans le sud mauritanien.

Ahmed Mesmar a enfin indiqué que ce projet sera réalisé dans plusieurs pays africains dont le Bourkina Faso, le Sénégal, le Mali et le Ghana. 
 Sahara Medias

jeudi 17 juillet 2014

'La situation des populations de M'Bout est catastrophique' selon le Hakem Mouçaid

'La situation des populations de M'Bout est catastrophique' selon le Hakem Mouçaid

"La situation des populations de la ville de M'Bout est catastrophique" c'est ce qu'a déclaré, le Hakem Mouçaid de la Moughatas, Wane Mahmoud Amadou, selon notre confrère Al Akhabar.info dans sa version arabe qui rapporte l'information.

Dans un entretien accordé à Al Akhbar, Wane a rappelé que quelques 700 familles ont perdu leurs maisons et seules 100 d'entre elles ont été installées dans les écoles et le lycée de la ville. Cependant, les autres n'ont pas trouvé ,là, où, se logeaient et face à cette situation désastreuse, s'ajoute une pénurie d'eau potable et l'absence de latrines,a-t-il ajouté.

Le Hakem a signalé que le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) a apporté une aide en produits alimentaires aux sinistrés et une commission mixte entre le ministère de l'habitat et de l'équipement a visité la ville pour évalué les dégâts.

Et Wane Mahmoud Amadou de souligner que le barrage qui date de 1980 et qui a été renforcé en 2010 doit être réhabilité de façon moderne avant la tombée d'autres pluies plus importantes afin d'éviter le pire.
Tawary

Tagant: Distribution gratuite de 10 tonnes de poisson aux populations de Tidjikja


 Le Wali du Tagant Mr Yahya Ould Cheikh Mohamed Vall a supervisé,  mercredi 16 juillet,  la distribution du poisson aux populations de Tidjikja. Cette opération qui entre dans le cadre de l’appui des pouvoirs publics aux plus nécessiteux pendant le mois du Ramadan, s’est déroulée normalement sans tiraillements ni réclamations.
Ce sont 10 tonnes  de poisson contenues dans 353 caisses qui ont été distribuées au niveau des différents points de livraison. C’est ainsi que les  quartiers  Medina, Boutthou, El Melah ont reçu chacun 54 caisses contre 50 caisses pour Zreibatt et 47 caisses pour chacun des quartiers respectifs, Dispensaire et Nghaguinit.
Très satisfaites, les populations locales attendent  toutefois que cette opération soit consolidée à travers l’ouverture du dépôt de Tidjikja et son approvisionnement en poisson frais qui sera mis à leur disposition à un prix symbolique (50 UM le KG) comme partout dans le pays.
Khalil Sow-Tagant 







Tidjikja: l’Association des femmes pour le développement Oasien opposée à la fermeture de l’Unité de traitement des dattes




Plusieurs femmes se sont regroupées mercredi 16 juillet devant le bureau du Hakem de Tidjikja pour manifester leur refus catégorique face à l’arrêt programmé des activités de l’unité de traitement des dattes financée par la CDD et dont le début des travaux avait coïncidé, l’année dernière,  avec la 4 eme édition du festival des dattes de Tidjikja. Mme Zeinabou Mint Abdel Khader directrice de l’unité  et sa trésorière Mme Khady Mint Lacharch ont laissé savoir au Hakem de Tidjikja Mr Ahmed Ould Mohamed Mahmoud Ould Deh, qui les a reçu dans son bureau, qu’elles ne comprennent pas que la décision de fermeture de l’unité intervienne au moment ou elles s’apprêtent à participer à la 5eme édition du festival des dattes qui aura lieu à Atar. « Au lieu de nous appuyer pour qu’on puisse participer activement à ce grand rendez-vous, nos partenaires n’ont pas trouvé mieux que de mettre la clef sous le paillasson pour des raisons que nous ignorons très franchement. Nous avons reçu l’ordre de la part du maire de Tidjikja de couper le courant, de payer le gardien et le gestionnaire et fermer l’usine. Nous ne comprenons pas pourquoi cette subite décision et ce d’autant plus que le maire nous avait promis de s’occuper du dossier auprès de notre bailleur (CDD) et de lui trouver une solution » indique la directrice non sans confier au Hakem que toutes les dépenses de l’usine sont prises en charge non pas par la mairie mais plutôt par l’Association des femmes pour le développement Oasien.
Mme Khady mint Lahrach a indiqué, pour sa part,  que le maire de Tidjikja a déployé de nombreux efforts pour aider au dénouement heureux de l’affaire et qu’elle s’étonne du revirement qui s’est produit en dernier lieu. «  Je suis persuadée qu’avec un peu d’effort,  les choses peuvent se régler, mais nous aimerions que ce soit maintenant et pas après. Nous devons participer au festival des dattes qui aura lieu à Atar le mois prochain et nous ne pouvons le faire sans nos produits traités » devait-elle indiquer.
Notons que les responsables de l’Association des femmes pour le développement Oasien ont introduit une lettre auprès du Hakem de Tidjikja dans laquelle elles réclament un  technicien en technologie alimentaire pour améliorer l’encadrement technique et assurer la formation des employées, l’acquisition de quelques appareils simples pour le bon fonctionnement de la chaines de production et l’amélioration de l’aspect sanitaire notamment le réaménagement des toilettes.
Khalil Sow-Tagant

mercredi 16 juillet 2014

Nimzatt : les khadres déclinent toute responsabilité en cas d'intrusion de commerçants

Nimzatt : les khadres déclinent toute responsabilité en cas d'intrusion de commerçants Serigne Samba Diouf, adjoint du président de la Fédération nationale des khadres, a dégagé cette structure de toute responsabilité dans une éventuelle intrusion de commerçants dans la délégation se rendant au pèlerinage de Nimzatt, en Mauritanie.

"Nous gérons l’aspect religieux. Nous ne nous occupons pas des commerçants qui auront à répondre devant les services compétents", a précisé M. Diouf lors d’une réunion préparatoire du pèlerinage de Nimzatt.

Des membres de la communauté khadre du Sénégal se rendront dans cette cité musulmane mauritanienne, comme chaque année, à la fin du mois de ramadan.

Serigne Samba Diouf a, lors de la réunion organisée par les autorités administratives de la région de Saint-Louis, appelé les futurs pèlerins à "être vigilants et à ne tolérer aucune intrusion dans leur délégation de personnes mues par des objectifs non religieux".

Selon le gouverneur de Saint-Louis, des mesures ont été prises dans le but de permettre aux pèlerins de traverser la frontière "dans la quiétude".

"Ce sont des milliers de Sénégalais qui effectuent le pèlerinage. Nous devons créer les conditions d’un bon déroulement de cet événement", a souligné M. Sakho.

L’ambassadeur du Sénégal en Mauritanie, Mamadou Kane, a également fait part de sa volonté de mettre les pèlerins dans de bonnes conditions lors de ce voyage.

Il a, lors de la réunion, promis de veiller à ce que les procédures administratives d’entrée et de séjour en Mauritanie soient "allégées" au profit des pèlerins sénégalais.
APS

Déluge sur M’Bout : Que d’eau !

Déluge sur M’Bout : Que d’eau !   Au matin du 9 juillet 2014, aux environs de 7 heures, des fortes pluies se sont abattues sur plusieurs localités du Gorgol, provoquant des dégâts importants. A Mbout – plus particulièrement à Mbout Centre et Débaye Mbout – les habitants ont été réveillés par un vrai déluge qui a duré quatre tours d’horloge, avec, au final, 65,5 millimètres d’eau enregistrés et un lourd bilan : maisons détruites, ustensiles de cuisines emportées par les eaux, détérioration des réserves alimentaires et des semences agricoles, etc...

Des dégâts accentués par le déversement des eaux de ruissellement, en provenance des communes de Taringué et de Djiadjibiné, distantes d’environ vingt-cinq kilomètres du chef-lieu de la Moughataa.

Selon le hakem mouçaïd de celle-ci et le maire de la ville, trois localités des deux communes précitées ont enregistré, dans la même matinée du 9 juillet, des précipitations atteignant quelque 120 mm (à Boudama et Hamoyey) et 140 mm (à Taringuel).

La digue, qui semblait protéger la localité de Debay, construite en 1985 n’a pas résisté à cette fureur.

Sur le plan de la sécurité alimentaire, c’est la désolation car beaucoup de familles, surprises, n’ont pas eu le temps de sécuriser leurs vivres, ni leurs semences et encore moins leurs biens (habits et ustensiles de cuisine). Une situation qui se complique encore davantage avec les faibles récoltes de la campagne 2013 et la longue période de soudure qui a suivi.

Plusieurs familles ont pu trouver refuge, temporaire, chez des voisins n’ayant pas ou peu souffert du sinistre, alors que d’autres, bien plus nombreuses, errent encore, sans abri, après avoir abandonné leurs concessions en banco, désormais inexistantes et englouties sous les flots.

Mobilisation en cours… mais qui tarde

Sous la supervision du hakem de M’Bout et sur instructions du wali du Gorgol, une commission de recensement des dégâts, répartie en plusieurs équipes, a été formée par les services déconcentrés de l’Etat, assistés par diverses ONG : GRDR, ACF, Oxfam, CRF, ADIG.

Cette commission a évalué à 691l le nombre de ménages sinistrés à Mbout Centre et Débaye Mbout. 31 d’entre eux ont été déplacés et relogés, le 11 juillet, en des sites aménagés, par l’Etat, dans les quartiers Collège, Abattoir et Mosquée, pour les sinistrés de Mbout Centre, alors que ceux de Debay Mbout l’ont été dans les quartiers Est et Ouest. Les autorités administrative et communale ont également mis en place des commissions pour diligenter des actions supplémentaires. On les attend.

Selon les informations recueillies auprès du hakem de Mbout, l’Etat a déjà mobilisé un lot de 100 kits, composés de couvertures, produits d’hygiène et khaïmas (tentes) mais, au regard du nombre de sinistrés et de l’étendue des pertes, il est clair que cette assistance est très loin de couvrir les besoins, immédiats et fondamentaux, des victimes.

Aussi le wali, le hakem et le maire ont-ils conjugué leurs appels à tous les intervenants au Gorgol à appuyer les efforts des pouvoirs publics. Il est important de souligner qu’aucun intervenant ne s’est engagé sur le terrain des promesses, se contentant de transmettre à qui de droit.

Des échanges entre les évaluateurs et les victimes, il ressort que les actions d’urgence s’articulent autour de la distribution de nattes, tentes et couvertures, pour l’habitat ; distribution de vivres et d’eau potable, pour la sécurité alimentaire ; kits d’hygiène, accompagnés d’une campagne de sensibilisation à l'hygiène et au traitement de l'eau, pour la santé publique, et mise à disposition d’équipements de pompage, pour la question environnementale, étroitement liée à la précédente.

Perspectives

Si la relance agricole doit s’appuyer sur la distribution de semences, il faut envisager une stratégie d’adaptation, face aux événements climatiques qui deviennent récurrents et intenses dans la zone, pour relancer les travaux du Projet des Zones Inondables (PZI), notamment en termes de plan de prévention des risques et de mécanismes d’alerte précoce.

Avec un impératif : lancer une mission d’évaluation technique des risques, pour tous les ouvrages d’Aménagement des Eaux de Surface (AES) situés en amont des localités, qui font peser un risque, énorme, sur les habitations et leurs occupants. En attendant la mise en œuvre de tous ces mécanismes, on notera que les quartiers situés de part et d’autre de la route nationale reliant Kaédi (Gorgol) et Sélibaby (Guidimakha) sont également inondés et soumis à une forte pression des eaux de ruissellement, tandis que le cimetière reste totalement immergé.

Biry Diagana
CP Gorgol

Brakna : Mais où sont donc passés les politiques ?

Brakna : Mais où sont donc passés les politiques ? Trois semaines après l’élection présidentielle du 21 juin 2014, les populations du Brakna sont revenues, tranquillement, à leurs vieilles habitudes. Celles de la débrouillardise, du colmatage et du tir du diable par la queue. Naturellement que la situation n’est pas invariablement pareille.

Mais elle est quasiment la même. Partout. Le Brakna est une des régions les plus pauvres du pays. L’agriculture et l’élevage, les deux principales activités, ne marchent plus comme avant. Les activités, informelles, de petits commerces et métiers servent, juste, à subvenir à quelques besoins essentiels des dizaines de milliers de familles qui vivent, aléatoirement, de la Baraka et de la résignation.

Rien à faire, la vie marche au ralenti. L’argent ne coule pas à flot. Les populations font contre mauvaise fortune bon cœur. Elles n’ont simplement pas le choix de faire autre chose. Et la fête s’approche de plus en plus. Elle n’est plus qu’à quelques jours.

Et ces hommes politiques qui les ont beaucoup mises à contribution, pour faire réélire le président Mohamed Ould Abdel Aziz, où sont-ils passés ? Dès le 23 juin 2014, ils n’ont plus fait signe de vie. Leurs téléphones ne répondent plus. Fini le temps où ces hommes appelaient, au moins cinq à six fois par jour, leurs « amis » et leurs « frères ».

Des appels incessants et réguliers qui frisaient l’hystérie et le harcèlement. Des « amis » et des « frères » à qui ils promettaient tout : argent, travail, promotion. Mais, sitôt la victoire du candidat président Mohamed Ould Abdel Aziz, pfuit ! Disparus. Aujourd’hui, les maisons de tous ces responsables sont hermétiquement closes. Il n’y a plus qu’un gardien qui ne sait pas exactement où se trouve son patron.

« Il paraît qu’il est à Nouakchott », répond-il, inlassablement, à ceux, nombreux qui viennent aux nouvelles des promesses. Les politiques circonstanciels sont repartis se calfeutrer dans leur petit monde. Loin des yeux de ces populations dont ils se sont servis, l’espace d’une campagne électorale. Juste, pour eux, le temps de les manipuler, leur faire croire qu’ils sont quelque chose. Qu’ils ont leur monde.

Leur monde à eux, pour avoir quelque chose. Voilà quinze jours que le béni mois du Ramadan a commencé. Les politiques ne se sont nullement manifestés. « Leur monde », comme ils aimaient à dire, leurs « amis » et « frères » souffrent, seuls, le martyr du dénuement, de la privation, de l’amertume. Normal. Les élections sont finies. Alors, bye bye, à la prochaine ! Peut-être que le Parlement sera dissous. Alors, on les reverra, nos politiques.

Les directeurs généraux, les ministres, les ambassadeurs, les secrétaires généraux, les gradés militaires. Bonne arrivée. Les villas rouvrent leurs portes. Les populations sont, à nouveau, embrassées. Sur les deux joues. Sur les fesses ? Bon, allez, sur les fesses, pour vous faire plaisir et parce que c’est vous, ô mon monde, ô mes amis, ô mes frères… Et la comédie reprend… de plus belle.

Au tout début, la politique était perçue comme une pratique malhonnête, « Beletig », c’était, tout simplement, l’art de la malversation, du faux et usage de faux. Ce n’était pas encore l’art du possible. Aujourd’hui, avec les comportements de ces nouveaux hommes politiques, c’est la « Beletig » ressuscitée, c’est la facétie, c’est le mensonge, c’est le spectacle. La société moderne, quoi…

lundi 14 juillet 2014

Coupures récurrentes d’électricité à Aïoune

Coupures récurrentes d’électricité à Aïoune   La coupure d’électricité est devenue récurrente ces derniers jours à Aïoune capitale de la wilaya du Hod El Gharbi, provoquant la colère des populations, en cette période de Ramadan accompagnée de forte chaleur.

Des familles et des commerçants ont raconté que certains de leurs appareils électroménagers sont tombés en panne à cause des coupures.

Les populations exigent des autorités locales un rétablissement rapide de la situation.
Alakhbar

dimanche 13 juillet 2014

M’Bout : 300 Maisons détruites, et 691 familles sans abris

M’Bout : 300 Maisons détruites,  et 691 familles sans abris - [PhotoReportage]   Suite aux dégâts causés par les pluies le mercredi 9 juillet dernier occasionnant la rupture de la vieille digue de protection, une commission a été mise en place pour examiner la situation assez grave qui prévaut dans la localité.

Celle-ci est composée des députés du département, des membres du conseil municipal de M’bout, du wali adjoint du Gorgol, du préfet et du sous-préfet ainsi que du représentant du CSA. Au cours de cette rencontre la commission a recensé officiellement :

- 300 maisons complètement détruites par les eaux M’bout ville et à débaye M’bout ;
- 691 Familles sans abri ;
- 30 familles logées dans les écoles et le lycée dans des conditions difficiles (manque d’eau potable et absence de latrines). On note aussi une dizaine de maisons qui menacent de s’écrouler.

Il ressort au cours de cette réunion que des divergences ont apparu entre les élus de Mbout et le Wali adjoint du Gorgol. Cette autorité a indiqué que les pouvoirs publics ont apporté cent tentes pour les sans-abris qu’il fallait mettre à la disposition des sinistrés. Or, les représentants de la localité déplorent cette insignifiance des moyens mis à la disposition des populations victimes de cette catastrophe.

Leur nombre dépasse largement les cent tentes rapportées par les autorités. Une attitude de mépris qui risque d’envenimer les tentions entre les sinistrés. Ne prenant pas en compte les remarques des représentants de la localité, le wali adjoint s’est comporté d’une manière indigne à leur égard et les a sommé d’exécuter « son ordre ».

C’est l’incompréhension face au peu d’empressement des autorités. A ce jour aucune aide conséquente n’est parvenue aux sinistrés qui commencent réellement à s’impatienter. A cet effet des familles entières ne savent plus à quel sain se vouer et commencent à exprimer leur mécontentement.

Ainsi, un vieil homme qui dit avoir plus de 70 ans, désabusé pense que dans ce pays : « il y’a deux catégories de gens, et de localités ». Simplement il conclut : « le tout puissant nous viendra en aide, incha’Allah, en ce mois béni du ramadan ». En fin, le wali du Gorgol a fait une sommaire apparition à M’bout pour soutenir son adjoint au lieu de prendre en compte les préoccupations des nombreux sinistrés…

Correspondance particulière


Avec Cridem, comme si vous y étiez...




















Adel Begrou : Pénurie d’eau et hausse des prix des aliments pour bétail

Adel Begrou : Pénurie d’eau et hausse des prix des aliments pour bétail

  Selon les populations l’arrondissement d’Adel Begrou ( Hodh Charghi; extrême est du pays), connait une pénurie d’eau aiguë depuis prés de deux semaines. "Cette situation est d’autant plus difficile qu’Adel Begrou connait des chaleurs sans précédent (le mercure monte jusqu’à plus de 50 degrés), obligeant certains habitants à utiliser des eaux saumâtres et insalubres", souligne un habitant.

La cité, essentiellement pastorale, connait également une hausse des prix des aliments pour bétail (Rakel) qui, selon les habitants reste consécutive à la surenchère pratiquée par les commerçants locaux. Une situation qui a fait que le prix du sac de 50kg de « Rakel » a grimpé, ces derniers jours jusqu’à onze mille ouguiyas.

Habituellement, le sac de cet aliment pour bétail se négocie entre 6 et 7 mille ouguiyas. Selon une source locale, les autorités administratives, qui n’ont pris aucune mesure pour résorber cette situation, tentent de faire le black out sur la situation difficile que traverse Adel Begrou.
ANI

SNIM-Mauritanie: Success story africaine (reportage)

En 1973, la société française Miferma est nationalisée. Rebaptisée SNIM, cette entreprise minière est aujourd’hui  le deuxième employeur de Mauritanie, derrière l’Etat lequel, au plus fort de la déprime des cours des minéraux, dans les années 80-90, n’a pas cédé aux sirènes des prescripteurs de la privatisation à outrance. La SNIM en Mauritanie est, avec l’OCP au Maroc, l’un des rares groupes africains contrôlés par l’Etat et locomotives du développement de leurs pays.


En 2013, la Société nationale de l’industrie minière (SNIM) a réalisé une production record de 13 millions de tonnes, marquant un quatrième tournant majeur en cinquante ans d’exploitation de minerais de fer. La première date symbolique fut la nationalisation, en 1973, de ce qui n’était encore qu’une entreprise française.
L’ex Miferma exportera du minerai très riche en teneur de fer jusqu’en 1984. A cette date, ce minerai s’est épuisé. D’où le lancement du projet GuelbI entamé au début des année 80 et inauguré en 1984 avec l’espoir d’enrichir le minerais.
Car, si le minerai riche tarit, le minerai pauvre, lui,  est quasiment inépuisable dans cette zone allant de Zoueratt à Nouadhibou. «il faut un taux minimum de 60% pour que le minerai soit vendable. Aujourd’hui, le pari est réussi», estime Dahi Ould Zein, directeur du secrétariat général de la SNIM.
La phase critique des années 80
Et pourtant les choses ne furent pas faciles avec un contexte des années 80 caractérisé par des cours de minerais en dessous de 20 dollars. A un moment, la continuité de l’entreprise était remise en jeu. Mais la SNIM a tenu bon avec l’appui des institutions internationales ( BAD, BEI, Banque Mondiale, AFD) et des institutions Arabes qui ont participé au financement de Guelb I.
Après la phase critique des années 80, la SNIM connaît un troisième tournant à partir de 2004 -2005 quand la Chine émergente entra dans le marché, poussant les prix du fer à leur paroxysme. «L’Europe qui importait 80% de notre production a été doublée par l’empire du Milieu, devenu de loin notre premier client», explique M.Zein.

Une volonté politique constante
La tension sur les prix du fer est retombée à partir de 2011. Les cours sont néanmoins restés hauts. Doit-on lier les succès de la SNIM au seul paramètre des cours du minerais de fer ? Sur cette question, les experts de l’entreprise font remarquer que quand les prix mondiaux augmentent, les coûts augmentent aussi dépendant de l’acier et de l’énergie en particulier.
En fait, explique-t-on, la SNIM doit sa pérennité à deux avantages importants. D’abord une volonté politique, constante de tous les gouvernements qui se sont succédés, de lui accorder une large autonomie financière. C’est ce qui a permis à l’entreprise de développer du professionnalisme, de recruter et de se développer.
Excellentes relations avec les institutions financières
Le deuxième avantage décisif est l’excellente relation entretenue avec les institutions financières. Tout au long de son histoire, la SNIM a toujours honoré ses engagements, respecté les conditionnalités et les délais de remboursement. «Nous entretenons une relation de transparence avec nos partenaires qui reçoivent périodiquement des rapports sur notre situation, nos ratios de performances et notre activité en générale», déclare un haut responsable.

Un port minéralier pouvant accueillir des navires de 250 000 tonnes
imageLa SNIM jouit en outre d’un taux d’endettement faible de l’ordre de 500 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dollars. Le ratio dette sur fonds propres est de l’ordre de 0,25%. L’excellence des rapports entretenus avec les bailleurs a permis à la SNIM de mobiliser 1 milliard d’euros en 2009 pour le projet Guelb II (permettant l’enrichissement de 4 millions de tonnes) et la construction du port minéralier de Nouadhibou pouvant accueillir des navires de 250 000 tonnes. Inauguré en 2013, cet ouvrage s’inscrit dans la volonté de la compagnie minière mauritanienne de prendre une nouvelle dimension.

Passer de 13 à 40 millions de tonnes d’ici 2040
Il est désormais question, dans le cadre du projet Nouhoud, de porter la production de 13 millions à 40 millions à l’horizon 2025. Cet objectif passe par la construction de deux complexes miniers de 14 millions chacun. Le premier démarre en 2019, le deuxième en 2025. Les programmes de recherche géologique ont commencé. Les premiers résultats obtenus dans le Guelb d’izraf ont permis d’identifier 800 millions de tonnes.
L’ étape du processus de confirmation des réserves en cours sera suivie par une étude de prefaisabilité et de faisabilité qui ouvrira les négociations avec les partenaires financiers.
Locomotive de l’industrialisation de la Mauritanie, oui. Mais des milliers d’emplois exportés!
En dépit des succès remportés en 5 ans, la SNIM reste une entreprise qui exporte du minerais brut sous forme FOB. Des économistes mauritaniens estiment qu’un tel procédé fait perdre des milliers d’emploi au pays. «Il faut examiner cette question sous ses différents angles», rétorque M. Zein. «L’exportation du minerais brut est plus rentable que le projet intégré. C’est lié en partie à l’intensité capitalistique de l’exploitation d’une sidérurgie. De plus, nous avons de l’expertise dans les minerais».
Autre argument avancé, le déplacement mondial de la production de l’acier en Chine au détriment de l’Europe qui ferme ses fourneaux. Il sera difficile de concurrencer l’Empire du Milieu dans la sidérurgie classique. Par contre, la SNIM s’intéresse à la production de l’acier à travers la réduction directe. Ce processus très consommateur d’énergie n’est rentable que chez les pays disposant d’importantes réserves de gaz.
Joint-venture  avec Sabic
En attendant la confirmation de des réserves de Mauritanie, la SNIM est entrain de développer une joint- venture avec Sabic (groupe saoudien) pour produire du concentré. L’objectif de la JV c’est d’intégrer les deux volets minerais et sidérurgie. Forte de ses installations, de son réseau ferroviaire avec 6 trains minéraliers se relayant au quotidien, sur 700 km de rails entre Zoueratt et Nouadhibou, la SNIM dispose d’un savoir-faire et de l’expertise qui, ajouté au potentiel minier de la région, fait de la Mauritanie un territoire attractif

Pourquoi un accord avec Glencore ?

L’accord récent conclu avec Glencore illustre l’avantage que peut tirer une grande compagnie minière des infrastructures de la SNIM. «Ces grands groupes viennent pour développer des projets miniers dans les zones où il y a plus de facilités pour rentabiliser un investissement. L’entreprise qui arrive n’a Pas  besoin de construire un port, de trains ou d’acquérir du matériel roulant comme c’est le cas dans les territoires qui entrent en exploitation. A Zoueratt et Nouadhibou, tout est déjà en place, avec un prestataire, des infrastructures  et une expérience de 50 ans. Les vrais enjeux des projets miniers sont les ressources humaines. Sur ce point, la SNIM a procédé à une politique de valorisation du capital humain qui a stoppé les hémorragies constatées des années 90 aux années 2000″.
Loin de BHP Billiton, de Vale et de Rio Tinto
Bien que grand acteur africain, la société mauritanienne reste loin du trio BHP Billiton, Rio Tinto et Vale qui contrôlent 65% de la production mondiale exportée. Cette configuration de l’offre est à rapporter à l’évolution de la demande, notamment chinoise, pour faire des projections sur l’avenir du secteur.
Premier acheteur mondial, la Chine va continuer sa politique industrielle et urbaine en construisant des cités dans des zones rurales encore à l’écart de son boom économique.Pékin  peut exploiter ses propres gisements mais au prix fort, à raison de 100 dollars La tonne, sans commune mesure avec le fer mauritanien et son coût moyen de production de 40 dollars. Autrement dit, l’Empire du Milieu continuera à importer pour économiser tant que les coûts de production resteront bas. Les études conduites par la SNIM dégagent un consensus: les cours vont rester sur un niveau «bon» jusqu’en 2022», date de l’équilibrage entre l’offre et la demande.

La SNIM: 46% des exportations mauritaniennes
La SNIM contribue pour 46% des exportations mauritaniennes. L’entreprise participe à environ 17% du budget de l’Etat sous forme de recettes fiscales et parafiscales et pèse 12% du PIB mauritanien. Deuxième employeur du pays avec ses 11 000 salariés, la SNIM regroupe diverses entreprises dont la société mère et ATTM, spécialiste des travaux routiers qui est intervenu au Mali. Il y a aussi la SAFA dans la fonte, la Comeca dans la construction mécanique, la Somasert dansl’hôtellerie, la Samma dans la consignation, Damane Assurance, GMM dans le granit et le marbre…
Ce rôle structurant et intégrateur de la SNIM, à l’origine du dévelopement de la ville de Zouératt (devenue l’une des plus cosmopolites de la Mauritanie) et de Nouadhibou (creuset de la nation mauritanienne) a failli voler en éclat en 2006-2007 quand l’indien Arcelor Mittal a tenté de reprendre la compagnie. Une catastrophe évitée de justesse vu l’état des actifs de ce groupe en Algérie , au Sénégal et en Europe.


Financial Afrik

samedi 12 juillet 2014

Atar : Préparation de la 5eme édition du festival des dattes

Atar : Préparation de la 5eme édition du festival des dattes   Les préparatifs de la 5eme édition du festival des dattes vont bon train à Atar, capitale de la Wilaya de l’Adrar. C’est la première fois que cet important événement culturel se déroule à Atar, les précédentes éditions ont lieu à Tidjikja capitale du Tagant.

Les responsables de cette manifestation procéderont au lancement de quelques projets de développement économique destinées aux populations Oasiennes. Ces projets sont financés par des partenaires qui sponsorisent le festival.

Le programme de ce festival qui aura lieu du 7 au 9 Aout à Atar-ville comporte plusieurs manifestations culturelles et folkloriques pour la plupart spécifiques aux milieux Oasiens.


Mourassiloum