mardi 28 août 2012

Entretien avec le Directeur de la Jeunesse Mr Sidi Mohamed Ould Mohamed Taleb

« Cet atelier est un témoignage éloquent de la formation continue que nous sommes entrain de mener un peu partout dans le pays » En marge de l’atelier de Tidjikja portant sur la citoyenneté et la lutte contre le VIH/ Sida, nous nous sommes entretenus avec le Directeur de la Jeunesse Mr Sidi Mohamed Ould Mohamed Taleb pour l’interpeler sur les grands axes de la politique mise en œuvre par son département, les solutions proposées face aux défis qui interpellent la jeunesse mauritanienne et les dessous de la mise en place des réseaux départementaux et des réseaux régionaux de jeunesse. Quels sont les grands axes de la politique de votre département en matière de promotion de la jeunesse et de la vie associative ? Sidi Mohamed Ould Mohamed Taleb : D’abord je suis satisfait que la Wilaya du Tagant abrite cet atelier sur la citoyenneté, la lutte conter le VIH/Sida et les maladies sexuellement transmissibles. Cet atelier s’adresse aux jeunes des deux Hodhs, de l’Assaba et du Tagant. C’est une première que le ministère de la Jeunesse organise ce genre d’atelier et surtout au Tagant. Pour répondre à votre question, je dois préciser d’abord que le gouvernement a approuvé le 14 Juillet 2011 la politique nationale de la jeunesse, des sports et des loisirs et sa stratégie de mise en œuvre. Quatre axes principaux sous-tendent cette politique orientée essentiellement vers la jeunesse et les mouvements associatifs. Le premier axe c’est celui de la formation. Depuis plus de vingt ans, le centre national de formation des cadres de la jeunesse et des sports n’est plus opérationnel. C’est en 2010 que les portes de ce centre sont rouvertes pour accueillir une première promotion de plus de 85 cadres de jeunesse qui viennent de parachever leur formation. Il y a le deuxième volet qui est celui de la formation continue. Cet atelier est un témoignage éloquent de la formation continue que nous sommes entrain de mener un peu partout dans le pays. L’on peut se réjouir qu’il n y a pratiquement aucune région, sur toute l’étendue du territoire, qui n’ait abrité des ateliers comme celui de Tidjikja. Ces ateliers abordent des thèmes liés à l’unité nationale, la cohésion sociale, la culture de la démocratie, la lutte contre le VIH/Sida mais aussi du service civique volontaire en milieu jeune. Dans ce cadre, nous avons organisé plusieurs ateliers et envoyé des jeunes issus des mouvements associatifs à plusieurs séminaires et ateliers. Le deuxième axe est celui de la politique infrastructurelle. Aujourd’hui ce sont des chantiers qui sont érigés sur toute l’étendue du territoire. Récemment, son excellence Mme la Ministre de la Culture de la Jeunesse et des Sports a réceptionné la maison des jeunes de Tidjikja. Dans d’autres régions du pays, ce sont des stades ou des maisons des jeunes qui sont en construction. Les neufs Moughataas de Nouakchott sont également en chantier notamment pour la construction des infrastructures permettant d’accueillir les activités de jeunesse. Aussi vous n’êtes pas sans ignorer que le Président de la République son excellence Mohamed Ould Abdel Aziz en personne a posé la première pierre de la maison des jeunes de Nouadhibou. Le troisième volet qui cible les activités elles-mêmes est tout aussi important. C’est ainsi que depuis l’année dernière, nous avons des activités ambitieuses à l’intention des jeunes et l’Etat octroie des moyens à l’exécution de l’ensemble de ces activités. Nous avons initié des festivals départementaux en dehors des activités sporadiques, multiples et multiformes qui sont organisées dans tout le pays. Nous avons aussi pu octroyer beaucoup de subventions, beaucoup d’aides et nous avons également distribué du matériel sportif. Mais que faites-vous pour préserver la jeunesse mauritanienne des nombreux dangers qui la guettent (terrorisme, délinquance, chômage, manque d’emploi…) ? Justement, le quatrième axe relatif aux perspectives en matière de développement de la jeunesse prend en charge cette préoccupation. Même si le ministère de la Culture de la Jeunesse et des Sports n’a pas ne s’occupe pas de l’emploi, il collabore néanmoins étroitement avec le ministère chargé de l’emploi et la formation professionnelle, avec l’ANAPEJ, avec le commissariat aux droits de l’homme et avec tous les ministères impliqués dans l’insertion des jeunes en chômage. Dans ce cadre, nous sommes entrain de voir dans quelle mesure pourrait-on en collaboration avec nos partenaires mettre en place ce qu’on appelle des microprojets destinés aux jeunes. En permettant à la jeunesse de s’épanouir et en mettant à sa disposition toutes les opportunités qui la permettent de s’assumer, nous fermons la porte à tous les accès et à toutes les déviations. Le Tagant est l’une des régions du pays où les activités de jeunesse et celle de la vie associative ne sont pas si développées. Que faites-vous pour inverser cette tendance ? SMOMT : Il faut appeler les choses par leurs noms. Personnellement, je suis cadre de la jeunesse et des Sports depuis bientôt trente ans. Je suis l’un des doyens du ministère de la jeunesse mais je suis persuadé qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César. Depuis 2009 les choses ont commencé à bouger. D’abord le ministère a organisé ce qu’on appelle le forum de la jeunesse qui a permis d’aboutir à des recommandations pertinentes. Les états généraux de Nouadhibou ont suivis en 2010 et nous avons procédé en 2011 au renouvellement de l’ensemble des structures de jeunesse sur l’étendue du territoire. Aujourd’hui, le ministère de la jeunesse compte 54 réseaux départementaux, 13 réseaux régionaux tous en activité. Toutes ces structures ont été élues par les mouvements associatifs sur la base de critères d’éligibilité objectifs et transparents. La mise en place des structures de jeunesse au niveau du Tagant a été émaillée par le refus d’un club de Tichitt et un autre de Nimlane d’adhérer à leur réseau respectif. Lors de sa dernière visite à Tichitt, Mme la Ministre a été interpellé à ce sujet. Où en êtes-vous avec ce problème en tant que principal concerné ? SMOMT : Le Ministère est neutre en matière d’élection des structures de jeunesse. Nous avons organisé des missions de prospection et nous avons notifié aux associations que pour des raisons objectives, le ministère se charge de superviser l’élection des bureaux des réseaux. La première raison est que les réseaux ont été mal faits en 2006 ou même pas constitués dans certaines régions. La deuxième raison est que dans le statut et le règlement intérieur des réseaux, ces derniers doivent être renouvelés tous les trois ans. Une échéance qui a été largement dépassée par les structures créées en 2006 et qui normalement devaient être renouvelées en 2009. La troisième raison est que la République islamique de Mauritanie a ratifié la charte Africaine de la jeunesse le 20 avril 2010 qui stipule que sont considérés des jeunes ceux dont l’âge est compris entre 15 à 35ans. Eu égard à ces trois exigences, le ministère a jugé nécessaire de superviser l’élection des bureaux régionaux et départementaux de la jeunesse pour s’assurer que les critères prédéfinis ont été respectés à la lettre. Maintenant, certains pour une raison ou une autre, ne veulent pas de ce renouvellement, d’autres ne veulent pas intégrer les structures nouvellement constituées , ce qui n’empêche que dans l’ensemble, la quasi-totalité des jeunes issus des mouvements associatifs (association de jeunes et clubs) ont adhéré à ces structures qui viennent d’être mises sur place. Propos recueillis par Khalil Sow – Tagant

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