
A quelques semaines de la visite qu’effectue du 28 au 1er Juin 2015 dans les cinq départements de la région du
Brakna, le président de la république Mohamed O Abdel Aziz, la direction générale de la
SNDE a procédé au remplacement de
Brahim O El Bah qui dirigeait l’agence par
Sidi Mohamed O Bouchama éjecté de la très convoitée agence de
Nouadhibou.
C’est dans un contexte de crise de l’eau (déficit et qualité de l’eau)
que le désormais ex-chef d’agence très apprécié des populations à qui la
direction générale reproche certaines indiscrétions portant sur la
qualité de l’eau rapportent des sources dignes de foi que le
Raîss va séjourner à
Boghé.
« Interdit en Mauritanie à un fonctionnaire de dire la vérité fusse t-il un problème qui touche la santé public». Dès le début de la réalisation du projet avec le forage des puits qui alimentent le réseau local de la
SNDE,
les analyses effectuées sur l’eau avaient révélé des problèmes sur la
qualité mais les autorités de l’époque n’ont trouvé d’autres solutions
que de supprimer le troisième forage et de se contenter des deux dont
l’eau est saumâtre.
La récente contribution du professeur
Alhousseynou Sy paru dans le site
Cridem sur la problématique de l’eau nous a davantage édifiés sur ce sujet préoccupant pour toute une population.
La
proximité du périmètre rizicole où des engrais chimiques et d’autres
pesticides dangereux pour la santé humaine sont déversés, des intrants
agricoles occasionnant une contamination de la nappe où sont implantés
les forages de la
SNDE constituent autant d’éléments de preuves et d’arguments qui fondent la méfiance des populations à l’égard de cette eau.
Du coup, une grande partie de la population, les autorités
administratives y compris s’approvisionnent maintenant à partir d’autres
sources à
Thiénel avec des bidons d’eau transportés sur des charrettes ou des voitures moyennant 100 Um le bidon.
Il y a aussi ceux qui se sont rabattus systématiquement sur l’eau des
puits ou du fleuve. Pour ceux qui ont les moyens, c’est l’eau minérale
qu’ils boivent. Au centre médical de
Boghé, des
analyses effectués sur plusieurs patients ont décelés la présence de
fortes doses de calcaire dans leurs urines rapportent des sources qui
requis l’anonymat.
Sans compter les maladies rénales qui se
répandent chez la population. Toutes ces choses renforcent aujourd’hui
la méfiance des populations vis-à-vis de l’eau de la
SNDE. Le Hakem en personne a écrit pour alerter le ministère concerné mais aucune réaction jusque là.
Lors d’une récente réunion entre le maire de
Boghé avec les notables, les femmes et les jeunes dans le quartier de
Boghé Dow, une fronde des jeunes contre l’eau distribuée par la
SNDE dans la ville s’est invitée dans le conclave au point même de perturber la réunion.
Ces jeunes tiennent à se faire entendre avec l’arrivé du président
Aziz à
Boghé sur
le sujet de l’eau. L’Etat avait prévu l’implantation d’une unité
industrielle de traitement de l’eau du fleuve pour alimenter désormais
la ville partir du fleuve.
Et si nos mémoires sont bonnes, un bailleur, l’
OMVS était même prêt à financer le projet mais depuis plus aucune information.
« Comment peut-on envisager de creuser un canal pour dévier l’eau du fleuve de Boghé jusqu’à Aleg alors que Boghé a soif » s’est interrogé
N’Diaye Daouda au cours de ce conclave.
Elfoutiyou